Que faut-il attendre de la Russie? A priori, Moscou est inflexible. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé mercredi le chantage des Occidentaux qui veulent faire adopter une résolution au siège des Nations unies à New York proposant de prolonger de 45 jours le mandat des observateurs de l’ONU en Syrie, mais prévoyant également des sanctions contre le régime. Face à ce blocage, l’envoyé spécial de l’ONU, Kofi Annan, a demandé le renvoi du vote sur la résolution à ce jeudi .

De sources onusiennes proches du dossier, Le Temps a toutefois appris que la position de la Russie est plus complexe. La Mission russe auprès de l’ONU dirigée par l’ambassadeur Vitali Tchourkine semblait disposée à négocier des amendements à la résolution avec les Occidentaux. Mais cette ouverture n’a pas eu l’aval de Moscou. Par ailleurs, les Russes avaient l’intention de déposer un projet de résolution, mais ont été pris de court par le texte rédigé par les Occidentaux.

Sergueï Lavrov estime que soutenir le projet de résolution occidentale équivaut à soutenir la révolution menée par l’opposition syrienne et qu’il n’incombe pas à l’ONU de le faire. Il relève que le recours au chapitre VII de la Charte des Nations unies est la porte ouverte à une intervention militaire alors que les Occidentaux répètent que l’article 41 de ce même chapitre exclut le recours à la force, mais prévoit la possibilité de sanctions. Le texte condamne «l’usage croissant, par les autorités syriennes, d’armes lourdes, dont des bombardements à partir de chars et d’hélicoptères dans des centres urbains habités». Il condamne aussi les violations massives et continues des droits de l’homme par les autorités syriennes et par des groupes d’opposition.

Pression américaine

Du côté américain, on tente toujours de faire pression sur Moscou en arguant que la Russie n’a aucun intérêt à être associée à un régime Assad en bout de course. Mais, au vu de la situation, l’espoir des Etats-Unis d’aboutir à un compromis avec Moscou semble s’évanouir. Moscou devrait opposer son troisième veto de suite sur une résolution onusienne relative à la situation syrienne.