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Pour le président Bachar el-Assad, ici avec son épouse Asma, «l’intervention russe repose sur la morale et non pas sur l’intérêt égoïste.»
© Sana Sana / Reuters

Syrie

Moscou retourne aux Occidentaux les accusations de crimes de guerre en Syrie

Moscou dément systématiquement les accusations lancées par les gouvernements occidentaux et les ONG. Il affirme que l’aviation belge a tué des civils près d’Alep, provoquant l’ire de Bruxelles

La Russie veut se donner le beau rôle en Syrie, tout en accusant la coalition occidentale d’exactions à proximité d’Alep. La guerre de l’information a connu un pic mercredi, quand le Ministère russe de la défense a déclaré que deux avions F-16 appartenant à l’aviation belge ont pilonné mardi un village proche d’Alep. «Six personnes ont été tuées et quatre ont été blessées», note le communiqué. Le Ministère belge de la défense a sèchement réagi en niant que son aviation ait été présente dans la zone. Plus tard dans la journée, le Ministère des affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur russe. «Nous déplorons que cette information n’ait pas été vérifiée avant d’être rendue publique», a indiqué le ministère.

Mais Moscou s’est accroché à sa version et a enfoncé le clou. «La Russie dispose de systèmes de défense anti-aériens efficaces permettant une surveillance permanente de tout ce qui survole la Syrie et ses environs», a indiqué le général Igor Konachenkov, ajoutant que la coalition occidentale se rend «régulièrement» responsable de dommages collatéraux.

Mise en garde de Poutine

Après avoir été accusée de «crimes de guerre» par Washington, Londres, Paris et plusieurs ONG au sujet des bombardements sur les zones rebelles d’Alep, la Russie décide donc de répondre du tac au tac. Le projecteur est maintenant braqué sur l’offensive sur Mossoul en Irak, à laquelle participe la coalition rivale menée par les Etats-Unis. Vladimir Poutine a déjà mis en garde lundi «nos partenaires américains et français afin qu’ils fassent le maximum pour minimiser et même éviter complètement toute perte civile. Bien sûr, nous n’allons pas déchaîner l’hystérie sur ce sujet comme le font nos partenaires occidentaux». Son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est dans la foulée inquiété que les Occidentaux ne cherchent en douce à pousser les terroristes de l’Etat islamique (Daech) vers la Syrie pour laisser à Moscou et Damas la tâche de les combattre.

Face à ce que le Kremlin qualifie d’hystérie, Moscou adopte une posture simple. La Russie dément systématiquement les accusations lancées par les ONG ou les gouvernements occidentaux de bombardement d’hôpitaux ou de convois humanitaires. Jamais un officiel russe n’a admis la moindre responsabilité de décès de civils depuis l’intervention militaire russe en Syrie il y a treize mois. Pour limiter la casse en termes d’image, Moscou et son allié Damas ont décidé de faire une «pause humanitaire» de onze heures ce jeudi à Alep, après deux jours de répit dans les raids aériens.

La télévision d’Etat russe, de son côté, insiste au sujet des événements en Syrie sur le combat contre le terrorisme mené avec détermination par Moscou. L’accent est mis sur le martyre des habitants des quartiers ouest d’Alep, sous le contrôle des forces gouvernementales et bombardés par les rebelles. Ces derniers sont invariablement désignés comme terroristes, la distinction faite entre djihadistes et modérés étant assimilée à une hypocrisie occidentale.

Le conflit en Syrie, qui permet à Vladimir Poutine de se positionner comme l’égal du président des Etats-Unis aux yeux des Russes, est désormais présenté comme un combat d’ordre moral. Le mot vient de la bouche du président Bachar el-Assad, qui a donné un entretien fleuve la semaine dernière au quotidien à grand tirage Komsomolskaïa Pravda. «L’intervention russe repose sur la morale et non pas sur l’intérêt égoïste», a-t-il expliqué.

Légitimité

La même tactique – avec le charme en plus – a été utilisée mardi par l’épouse du président syrien dans un entretien accordé à la télévision d’Etat russe. Prenant la défense des enfants syriens, elle a accusé les médias occidentaux de «se conformer à des ordres». Pour elle, «l’Occident a divisé nos enfants entraînés dans ce conflit par les croyances politiques de leurs parents». Cette forte présence médiatique du couple Assad est destinée à rappeler un point fondamental de la diplomatie russe. Le Kremlin fonde la légitimité de son intervention en Syrie sur l’invitation formelle de Damas, qui n’a pas été étendue aux pays de la coalition occidentale.

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