Victoire de la science russe ou opération précipitée à des fins de propagande? La Russie annonce qu’elle sera à la mi-août le premier pays du monde à certifier un vaccin contre le Covid-19. Un événement «de l’ampleur de Spoutnik», a déclaré mercredi à CNN le principal promoteur du vaccin, Kirill Dmitriev, directeur du fonds souverain russe RDIF. Ce proche du président russe fait référence au lancement du premier satellite en 1957 par l’URSS dans un contexte de compétition globale liée à la guerre froide.

Ce triomphalisme fait écho au succès dont se targuait le pouvoir russe au début de la pandémie. Au printemps dernier, alors que l’épidémie faisait rage en Europe, le nombre de cas détectés en Russie était comparativement très faible. Moscou envoyait alors triomphalement de l’aide médicale dans une dizaine de pays, dont les Etats-Unis, la France et l’Italie. Une aide très médiatisée mais dont l’efficacité a été relativisée plus tard, notamment parce que les respirateurs se sont avérés inutilisables, voire dangereux. Aujourd’hui, le pays compte officiellement plus de 830 000 cas (4e pays le plus touché au monde) et 13 800 décès, chiffre soupçonné d’être plusieurs fois sous-estimé.