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 La bourrasque de critiques contre Donald Trump à Washington a conduit le Kremlin à revenir à une posture de confrontation après les effusions de lundi.
© Alexei Nikolsky, Sputnik, Kremlin Pool Photo via AP

Diplomatie

Moscou savonne la planche à Trump

Au lendemain du sommet d’Helsinki, le Kremlin lance des initiatives ambiguës en attente des élections de mi-mandat aux Etats-Unis

Le sentiment de victoire diplomatique remportée à Helsinki est un peu retombé à Moscou en fin de semaine. La bourrasque de critiques contre Donald Trump à Washington a conduit le Kremlin à revenir à une posture de confrontation après les effusions de lundi.

Le Ministère de la défense russe a publié jeudi des vidéos montrant le lancement de tout nouveaux missiles nucléaires hypersoniques. Un message contredisant les propos tenus de part et d’autre à Helsinki pour trouver de nouveaux accords sur les armes stratégiques.

Réagissant à l’arrestation à Washington de Maria Boutina, 29 ans, une militante russe accusée de conspiration contre les Etats-Unis, le Ministère russe des affaires étrangères a lancé une campagne médiatique de soutien à la jeune femme. Sa photographie figure désormais sur le profil des comptes Facebook et Twitter du Ministère avec le hashtag #freemariabutina.

Proche d’un vice-directeur de la banque centrale russe, cette Mata Hari des temps modernes est soupçonnée d’être passée par le lit d’influents parlementaires républicains afin de jouer un rôle dans les élections présidentielles de 2016. La guerre de l’information a donc repris le dessus dès le lendemain du sommet «historique» d’Helsinki.

Une possible visite de Poutine à Washington

Donald Trump multiplie pourtant les efforts pour maintenir un climat cordial. Jeudi, il a invité Vladimir Poutine à venir le rencontrer à Washington à l’automne. L’influent sénateur russe Alexeï Pouchkov a félicité Donald Trump pour sa «démarche inhabituelle montrant qu’il est décidé à maintenir le cap vers un dialogue serein avec la Russie, en dépit de l’hystérie monstrueuse aux Etats-Unis». Puis l’ambassadeur russe aux Etats-Unis Anatoli Antonov a indiqué que le Kremlin était ouvert à une visite de Vladimir Poutine à Washington.

Moscou envoie en fait des signaux divergents à Washington. Le Kremlin réalise combien les signes persistants de collusion entre Donald Trump et Moscou sont susceptibles de forcer le président américain à durcir le ton. Pourtant, Poutine ne ménage pas Trump. Jeudi, le président russe a déclaré devant un parterre d’ambassadeurs russes convoqués au Kremlin qu’il avait proposé à Trump d’organiser un référendum dans le Donbass ukrainien, aujourd’hui occupé par des forces pro-russes. Une initiative suggérant la répétition du référendum ayant servi en mars 2014 à annexer la Crimée. Cette déclaration a été faite derrière des portes closes, mais elle a très vite fuité dans les médias, accompagnée de l’information selon laquelle Donald Trump avait expressément demandé à Vladimir Poutine de ne pas rendre publique cette initiative.

Embarrasser Trump

La révélation semble avoir été calculée pour embarrasser Donald Trump, parce qu’une telle initiative ne peut qu’enflammer la confrontation avec Kiev et déplaire à l’establishment américain. C’est comme si Moscou soufflait sur le feu et se délectait de voir Donald Trump confronté à de nouvelles accusations venant des démocrates comme des républicains.

Corrigeant légèrement le tir en fin de journée vendredi, Moscou suggérait que le référendum évoqué par Vladimir Poutine «n’est pas une répétition du scénario utilisé en Crimée […] mais un référendum sur l’autonomie du Donbass au sein de l’Ukraine», soit un mécanisme respectant les accords de Minsk II passés avec Kiev. Une précision qui vient d’une source anonyme citée par l’agence Interfax, tandis que le Ministère des affaires étrangères se refuse à tout commentaire sur le sujet.

Pour améliorer les relations entre les deux pays, «soit Trump doit parvenir à consolider ses positions à Washington et être capable d’imposer sa volonté à l’establishment, y compris sur le dossier russe. Soit Poutine doit revoir ses positions sur plusieurs dossiers clés comme l’Ukraine et la Syrie. Aucune des deux options ne pointe à l’horizon», regrette le spécialiste des relations internationales Andreï Kortounov. Enonçant le consensus à Moscou, le politologue Dmitri Suslov penche, lui, pour la première option: «Les élections de mi-mandat en novembre [aux Etats-Unis] seront le pivot pour le développement de la coopération bilatérale.» Grâce à un nouveau coup de pouce russe?

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