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Vladimir Poutine et John Kerry lors d'une rencontre à Moscou à propos du conflit syrien
© SERGEI KARPUKHIN

ONU

Moscou et Washington espèrent une percée à New York sur le dossier syrien

La coopération entre la Russie et les Etats-Unis s’intensifie malgré plusieurs désaccords. Aujourd’hui, le Conseil de sécurité est appelé à entériner le plan d’action de Vienne

Réunis depuis jeudi à New York, Russes et Américains tentent d’unir leurs efforts pour avancer dans la résolution du conflit en Syrie et dans le combat pour vaincre l’Etat islamique (EI). Présidé par le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté en présence des ministres des Finances de l’organe onusien une résolution pour s’en prendre en toute urgence aux abondantes ressources financières de l’EI. Le document exhorte les Etats membres à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme au commerce et trafic d’armes, de drogues, de personnes, d’objets d’art et de pétrole en lien avec l’EI. Même si aucune formulation ne désigne un pays en particulier, le texte vise implicitement des Etats comme la Turquie dont le rôle reste ambigu. La résolution ne réinvente cependant pas la roue. Elle reprend en grande partie le régime de sanctions contre Al-Qaida.

Devant le Conseil de sécurité, le ministre français des finances, Michel Sapin a jugé nécessaire d’«asphyxier le terrorisme». Il a appelé à l’union sacrée: «Dans de tels moments, chacun d’entre nous doit mettre de côté ses particularités nationales pour unir ses efforts, faire progresser une volonté commune.» Mais le ministre reconnaît que la tâche est ardue: «L’originalité et la puissance de ce groupe terroriste (EI) tiennent au fait qu’il a amassé un butin de guerre exceptionnel reposant sur des sources diversifiées.» La difficulté de sévir relève aussi des modes de financement et des moyens de paiement auxquels recourt l’organisation djihadiste: des méthodes archaïques comme le cash, l’or, le pétrole et des méthodes innovantes comme les cartes prépayées utilisées dans le cadre des attentats de Paris du 13 novembre.

Lire également : L’opposition syrienne reste écartelée entre laïcs et islamistes

L’intérêt de la résolution (américaine) sur le financement de l’Etat islamique réside surtout dans le fait que sa formulation est le produit direct de la coopération entre la Maison-Blanche et le Kremlin. Pour le Kremlin, les frappes aériennes russes menées depuis le 30 septembre dernier en Syrie ont eu le mérite de le faire revenir dans le jeu politique. Quant à Washington, il sait qu’il ne résoudra pas le problème syrien sans la collaboration de Moscou notamment pour régler le sort de Bachar el-Assad dans un futur gouvernement de transition. Sur le terrain toutefois, les choses ne se passent pas comme prévu pour Vladimir Poutine. Les frappes russes ont provoqué une nouvelle urgence humanitaire. D’importantes infrastructures de l’opposition ont été détruites. Des militaires russes ont été tués. L’appareil russe abattu par la Turquie dans la zone frontière syro-turque, l’avion commercial immatriculé en Russie ayant explosé au-dessus du Sinaï dans ce qui apparaît comme un acte terroriste de l’EI et enfin la présence de milliers de combattants russes dans les rangs de l’EI sont autant d’exemples des coûts que représente la récente implication russe dans le conflit syrien.

Après s’être entretenus pendant près de quatre heures mardi à Moscou, le président russe Vladimir Poutine, son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire d’Etat américain John Kerry ont déclaré s’être rapprochés en termes de stratégie militaire pour vaincre l’EI et en termes diplomatiques pour mettre en œuvre une transition politique échafaudée cet automne à Vienne. John Kerry a été explicite. L’administration américaine est prête à coopérer étroitement avec la Russie si celle-ci focalise ses frappes sur l’EI. Dans son discours à la nation jeudi, Vladimir Poutine a salué les efforts du secrétaire d’Etat américain qu’il rencontrait pour la seconde fois cette année. Le climat de Guerre froide qui régnait entre Moscou et Washington lors de la rencontre Obama-Poutine en marge de l’ONU en septembre semble s’être dissipé.

Aujourd’hui à New York, Russes, Américains et les représentants de quinze autres pays se retrouvent au Palace Hotel de Manhattan pour tenter de pousser le régime de Damas et les groupes de l’opposition syrienne à décréter un cessez-le-feu et à élaborer les conditions nécessaires à l’avènement d’un gouvernement de transition. Quelques heures plus tard, le Conseil de sécurité sera appelé à voter une résolution pour entériner le plan d’action de Vienne.

Mais de sérieux écueils devront être surmontés. Américains et Russes ne s’entendent pas sur qui peut légitimement participer aux discussions au nom de l’opposition syrienne. Quant à Bachar el-Assad, Moscou refuse de déclarer publiquement qu’il pourrait être mis de côté mais semble attacher davantage d’importance à son influence sur Damas qu’à la personne du président syrien.

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