«Je suis conscient du danger que représente cette croisée des chemins (...) et cela nous impose de faire passer d’abord les intérêts supérieurs de la nation», a déclaré M. Moubarak». «J’ai décidé de déléguer mes pouvoirs au vice-président conformément à ce que dit la Constitution», a-t-il dit. Mais de départ point.

Dans un long discours prononcé peu avant 22 heures, quelques points majeurs apparaissent. D’abord, Moubarak ne démissionne pas. D’ici septembre, date des élections présidentielles annoncées, Moubarak transfère ses pouvoirs au vice-président Souleimane. Le président a également annoncé que l’état d’urgence ne serait aboli qu’une fois le calme revenu. Enfin, il a annoncé plusieurs changements constitutionnels qui doivent garantir des élections transparentes, pluralistes et limiter le nombre de mandats présidentiels.

Une phrase laisse les observateurs dubitatifs : « Ce qui est inacceptable est d’écouter des injonctions de l’étranger, qu’elles que soient leurs origines » a dit Moubarak. Une forme de réponse aux déclarations faites plutôt dans la journée par des militaires qui annonçaient le départ de Moubarak - l’armée égyptienne a annoncé examiner les «mesures» nécessaires «pour préserver la nation» et «pour appuyer les demandes légitimes du peuple»- , et les propos du président de Barack Obama affirmant jeudi que les événements en Egypte montraient que «l’histoire» est «en marche» dans ce pays, au moment où des informations faisaient état d’une démission imminente du dirigeant Hosni Moubarak. Tout en soulignant que la situation restait encore incertaine au Caire, et alors que son administration tentait de prendre la mesure d’une «situation fluctuante», M. Obama a assuré que «ce qui est parfaitement évident est que nous sommes les témoins de l’histoire en marche».

Une réaction qui rejoint celle du ministre saoudien des Affaires étrangères le prince Saoud al-Fayçal qui s’est déclaré «choqué» jeudi à Rabat des «ingérences de certains pays» dans les affaires de l’Egypte.»Nous sommes étonnés de voir ce que nous considérons comme des ingérences par certains pays dans les affaires intérieures de l’Egypte», a déclaré le ministre lors d’un point de presse commun avec son homologue marocain Taieb Fassi Firhi.»Nous pensons que (les Egyptiens) peuvent résoudre leurs problèmes par eux-mêmes et nous sommes choqués de voir que certains pays devancent même les souhaits du peuple égyptien», a-t-il ajouté.