Asie

Mousson meurtrière, de l'Inde au Népal

Un tiers du Bangladesh sous les eaux cet été, les rues de Bombay envahies par des torrents boueux, comme en Assam, au Bihar ou au Bengale occidental: la mousson particulièrement violente cette année a déjà fait plus de 1 200 morts à travers le sous-continent indien

En Inde

Bombay, la capitale économique du pays, a reçu depuis mardi des pluies de mousson particulièrement violentes qui ont inondé ses rues et paralysé l’activité bouillonnante de la ville de 20 millions d’habitants, située sur la côte ouest. «Cinq personnes sont mortes dans les inondations de Bombay. Quatre d’entre elles dont deux enfants ont péri à cause de l’effondrement d’un mur dans un bidonville et une autre a été électrocutée», a déclaré à l’AFP Tanaji Kamble, un responsable du gouvernement local.

Mardi, les piétons sur certaines artères se sont retrouvés immergés jusqu’aux hanches dans des flots boueux. L’eau s’infiltrait dans l’habitacle de voitures par le plancher. Les autorités avaient dû fermer le réseau de trains de banlieue, qui transporte chaque jour des millions de personnes. Des dizaines de vols et de trains ont été annulés en raison des pluies de mousson qui s’abattent avec une rare violence sur la capitale économique de l’Inde.

Dans le bidonville de Dharavi, l’un des plus grands d’Asie, l’eau a recouvert la plupart des zones basses.

La situation s’améliorait mercredi et tendait vers un retour à la normale. Les écoles et de nombreux bureaux restaient cependant fermés.

Ces inondations ont réveillé dans la mémoire des habitants de cette cité de l’argent-roi le spectre de celles de 2005, où un millier de personnes avaient péri. Les scientifiques attribuent les inondations endémiques de Bombay à son rapide développement urbain qui étouffe le système de canalisations.

Au Bangladesh et au Népal

Le Croissant Rouge local a qualifié les inondations de pires jamais enregistrées dans le pays. «Les eaux se répandent du nord du pays vers le centre, recouvrant des villages entiers, beaucoup de communautés sont isolées, et n’ont aucun accès par la route», selon M. Mozharul Huq, secrétaire général du Croissant Rouge du Bangladesh.

Quelque 16 millions de personnes au Népal, au Bangladesh et en Inde sont touchées par les inondations liées à la mousson. «La situation ne cesse d’empirer. Au Népal, où les eaux commencent à refluer, nos équipes font face à des communautés qui ont perdu leur maison, leurs papiers d’identité, tout, et au Bangladesh et en Inde, le nombre de personne affectées croît d’heure en heure, alors que les eaux montent», a déclaré Jagan Chapagain, sous-secrétaire général pour les programmes et opérations auprès de la Fédération.

Selon lui, il s’agit des «plus graves inondations en Asie du Sud depuis plusieurs décennies. Des communautés entières sont coupées de tout, le seul moyen de venir en aide à ces villages est le bateau, et beaucoup n’ont presque plus de vivres».

La Fédération et le Croissant-Rouge du Népal ont lancé un appel à l’aide global d’environ 3,5 millions de francs suisses (3 millions d’euros) pour venir en aide à 81 000 personnes vivant dans les régions les plus touchées. Au Bangladesh, la Fédération et le Croissant-Rouge du pays devraient lancer un appel similaire dans les prochains jours.

Enfin, pour l’Inde, la Fédération a débloqué une aide d’urgence de 320 000 francs suisses (281 000 euros) fin juillet. Un deuxième versement est prévu dans les prochains jours.

Une série d’inondations et de glissements de terrain frappe le sous-continent depuis la deuxième semaine d’août, au moment où la mousson fait sentir ses effets sur les parties nord et est de la région.

Chaque année, des centaines de personnes meurent dans les glissements de terrain et les inondations provoqués par la mousson, qui frappe début juin le sud de l’Inde et balaie l’Asie du Sud durant quatre mois.

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