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Le mouvement Black Lives Matter expliqué en trois minutes

Les tensions ethniques sont à leur comble depuis qu’un ancien soldat afro-américain a tué sept policiers à Dallas en représailles aux violences à l’égard des noirs. L’homme s’est réclamé du mouvement Black Lives Matter avant de mourir

Les morts filmées et diffusées sur les réseaux sociaux de Philando Castile et Alton Sterling, tous deux afro-américains et abattus par des policiers blancs, ont scandalisé une bonne partie de l’Amérique la semaine passée.

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Lors d’une manifestation organisée par Black Lives Matter (BLM, la vie des noirs compte) pour protester contre ces violences, Micah Johnson, un ancien soldat noir a abattu cinq policiers et en a blessé sept autres. Lors de ses négociations avec la police, il a déclaré soutenir Black Lives Matter. Mais que prône ce mouvement et d’où vient-il?

■ Comment est né le Black Lives Matter?

Le mouvement est né en 2013, après l’acquittement de George Zimmerman, le coordinateur d’une surveillance de voisinage blanc qui a tué par balles Trayvon Martin, un adolescent noir de 17 ans non armé.

Il a été lancé par trois femmes afro-américaines impliquées dans les mouvements communautaires: Alicia Garza, Patrisse Cullors et Opal Tometi. Alicia Garza a écrit sur Facebook un message intitulé «A Love Note to Black People» dans laquelle apparaissait: «Our Lives Matter, Black Lives Matter». Patrisse Cullors a répondu: #BlackLivesMatter. Le mouvement était né.

■ Comment est-il passé des réseaux à la rue?

Au début, il ne s’agissait que d’un hashtag qui permettait aux gens d’exprimer leur indignation sur les réseaux sociaux, essentiellement sur Facebook et Twitter. Mais en 2014, le mouvement a pris de l’ampleur après les morts de Michael Brown, un adolescent noir de 18 ans non armé abattu par la police à Ferguson, dans le Missouri et Eric Garner, un noir de 44 ans également non armé et décédé des suites de son arrestation musclée par la police de New York. A cette occasion, Black Live Matter commence à organiser des manifestations pour dénoncer la violence et le racisme des forces de l’ordre. La première a lieu en août 2014 à Ferguson.

Depuis, ils sont apparus pour dénoncer de nombreux autres cas de violences policières à l’encontre des noirs, dont le cas du jeune Tamir Rice, 12 ans, abattu par des policiers alors qu’il jouait avec une arme factice dans un parc. Le mouvement a également dénoncé des violences faites à des femmes noires. Plus de 1000 actions ont déjà été organisées.

■ Quelle est son idéologie?

BLM se dit inspiré par le mouvement pour les droits civils, mais aussi les mouvances féministes, LGBT et altermondialistes comme Occupy Wall Street. Il s’identifie aussi au printemps arabe.

■ Qui le dirige?

Le mouvement est décentralisé en 23 entités locales aux Etats-Unis, au Canada et au Ghana. Il n’existe pas de dirigeants clairs, mais plusieurs leaders.

■ Comment fonctionne-t-il?

Le mouvement se sert très largement des réseaux sociaux pour mobiliser. Des centaines de milliers de militants suivent les comptes Twitter ou les pages Facebook du mouvement.

Les militants organisent des manifestations ou ce qu’ils appellent des dies-in, durant lesquels les militants se couchent sur le sol. Ils ont à plusieurs reprises bloqué des routes, des trains ou des métros. Ils ont aussi occupé des centres commerciaux, notamment à l’occasion du Black Friday, le grand jour des soldes aux Etats-Unis. BLM prône des actions non violentes.

Dès l’été 2015, le mouvement a commencé à demander des comptes aux élus ou aux candidats, notamment à ceux de l’élection présidentielle.

■ Est-ce un mouvement raciste?

Des personnes ont tenté de détourner le slogan du mouvement en «All Lives Matter» (Toutes les vies comptent), en accusant le mouvement de ne se soucier que des vies des Afro-Américains. Mais «Black Lives Matter» a été défendu par de nombreuses personnalités comme Barack Obama ou Mark Zuckerberg, qui ont estimé que le slogan se justifiait car les noirs subissaient une persécution particulière et nécessitaient donc une protection particulière.

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