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«Chaque minuscule résultat est une victoire immense»: en Iran, les avocats face au simulacre de justice

Interdits de s’entretenir avec leurs clients et d’accéder aux dossiers, cibles de diverses restrictions, les avocats iraniens continuent de se battre pour un semblant de justice. Ce 24 janvier, à l’occasion de la Journée mondiale de l’avocat en danger, ils racontent un métier en péril

Dans un tribunal révolutionnaire à Téhéran, le 25 août 2009.  — © HASSAN GHAEDI / AFP
Dans un tribunal révolutionnaire à Téhéran, le 25 août 2009. — © HASSAN GHAEDI / AFP

Lorsqu’elle sortait d’un tribunal révolutionnaire après une audience, Leila Alikarami pleurait. Dix ou quinze minutes tout au plus, assise devant l’entrée de la salle. «Je ne pouvais pas m’en empêcher, c’était la pression qui retombait mais aussi la frustration de ne pas pouvoir représenter correctement un client et puis la peur: les juges instauraient un climat de terreur. C’était les années les plus difficiles de ma vie.» Leila Alikarami, avocate iranienne et défenseuse des droits humains, a représenté plus de 50 femmes devant les juges religieux des tribunaux révolutionnaires. Avant, en 2009, d’accepter en leur nom le Prix Anna Politkovskaïa honorant les femmes dans des zones de conflits pour l’initiative «Un million de signatures», une campagne pour réformer la législation iranienne et mettre fin aux discriminations de genre. Petite, c’est pour ça que Leila Alikarami avait décidé de faire du droit: se battre contre ces lois injustes qui la «blessaient», qui la rendaient «folle».

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