Exclusif – Le chef politique du Hamas à Ramallah: «Nous ne cherchons pas à tuer tous les Juifs»
Activement recherché par les Israéliens, un des derniers chefs politiques du Hamas de Cisjordanie encore en liberté explique au «Temps» les raisons de l’attaque du 7 octobre et se défend des parallèles avec Daech, dans une très rare interview à Ramallah
De Tel Aviv à Ramallah et du nord au sud, Le Temps a rencontré Israéliens et Palestiniens de tous bords pour comprendre les enjeux de la guerre entre l’Etat hébreu et le Hamas depuis le 7 octobre.
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Ramallah, samedi soir. Autour du rond-point d’Al-Manara, cœur de la capitale politique palestinienne, des familles disent leur chagrin et leur colère face aux frappes israéliennes dans Gaza. Des haut-parleurs diffusent des chants patriotiques, la police a bloqué les rues. Soudain, parmi les visages illuminés par les bougies allumées en mémoire des victimes gazaouies apparaît celui d’un homme: Hussein Abou Kwaik. Dernier chef politique du Hamas encore en liberté à Ramallah, cet ancien parlementaire avait fondé le Hamas en Cisjordanie en 1987, puis échappé de peu à un assassinat ciblé en 2003 lors duquel sa femme et l'un de ses fils sont morts et qui a rendu son cadet gravement handicapé.
Samedi 7 octobre, son mouvement, classé terroriste par l’Union européenne, les Etats-Unis et Israël, entame depuis Gaza l’attaque la plus sanglante jamais perpétrée sur le sol israélien. En quelques heures, l’opération «Déluge d’Al-Aqsa», du nom du troisième lieu saint de l’islam à Jérusalem, fait plus de 1400 morts côté israélien, en majorité des civils des kibboutz environnant Gaza et des festivaliers d’une rave-party. De nombreuses exactions sont commises.