Afrique

Mugabe, honni en Occident, encensé en Afrique

Décédé à 95 ans, l’ex-président du Zimbabwe est considéré comme un despote criminel par les Européens. Mais, pour beaucoup d’Africains, il reste un héros du combat contre le néocolonialisme

Robert Mugabe a longtemps été célébré comme un héros. D’abord pour sa participation à la libération de son pays du régime blanc raciste de Rhodésie. Ensuite comme chef d’Etat après l’indépendance en 1980, pour ses politiques sociales et de réconciliation raciale. Les Européens n’ont pas levé le moindre sourcil quand une première vague de répression a fait quelque 30 000 morts dans le sud du pays, en 1982. Mais le héros s’est transformé progressivement en vilain, quand son régime a commencé à vaciller à la fin des années 1990 en raison du mécontentement social, qui a suivi les politiques d’austérité imposées par le FMI. Menacé par la montée de l’opposition, l’homme fort de Harare a lancé, en 2000, une violente campagne d’expropriation sans compensation de quelque 4500 fermiers blancs.

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