Santé

Le mutisme coupable de la Chine face au coronavirus

La genèse de l’épidémie jette une lumière crue sur la piètre circulation de l’information au pays de Xi Jinping. L’alerte donnée par plusieurs médecins fin décembre a été longtemps traitée de rumeur, avant d’être minimisée pour ne pas nuire au déroulement de réunions officielles. En cause: la pesanteur bureaucratique et la peur de mécontenter le pouvoir central

L’affaire a jeté une lumière crue sur la gestion de l’épidémie par le gouvernement de Wuhan: le 1er janvier, la police locale a annoncé avoir arrêté huit personnes accusées d’avoir «diffusé des rumeurs». Elles seront «punies en vertu de la loi», menace le communiqué. Un mois plus tard, le pouvoir fait marche arrière: le 28 janvier, un article rédigé par un juge de la Cour suprême de Pékin révèle qu’il s’agissait en fait de médecins placés en première ligne sur le front de l’épidémie. Le texte assure que «l’information délivrée par les huit personnes n’était pas fabriquée de toutes pièces», et qu’elle aurait dû être tolérée.

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