Le communiqué est écrit dans un style «sibyllin», mais il se veut rassurant, observe le quotidien Liberté dans un éditorial. Diffusé dimanche 15 novembre par la présidence de la République algérienne, on y lit que «l’équipe médicale qui l’accompagne confirme que le président a achevé le traitement recommandé et subit actuellement des examens médicaux post-protocole».

Circulez, il n’y a rien à voir. Malade du Covid-19 et hospitalisé à l’étranger (en Allemagne) depuis plus de trois semaines, Abdelmadjid Tebboune va bien, dit-on en haut lieu. Mais ces messages peinent à convaincre. «Le citoyen n’est pas très avancé à savoir que ce traitement est accompli», estime Liberté.

Le précédent Bouteflika

Communication opaque, bulletins médicaux sommaires: alors que le pouvoir a tardé à reconnaître que le chef de l’Etat était atteint du Covid-19, les médias s’interrogent et les rumeurs se propagent. Dans quel état se trouve le plus haut responsable algérien?

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Les médias marocains, qui font feu de tout bois pour discréditer le régime algérien, ont un ton alarmant. Le360 fait ainsi observer que le communiqué de la présidence algérienne ne va pas jusqu’à «oser évoquer» des signes de rétablissement. Selon le média marocain, ceci confirme la gravité de l’état de santé du président Tebboune, «75 ans, réputé être un fumeur invétéré». Le communiqué «accrédite quasiment la thèse d’un AVC causé par les complications du Covid-19, qui risquerait de laisser le patient Tebboune dans un état végétatif», assure Le360.

Une hypothèse qui n’est pas sans rappeler Abdelaziz Bouteflika. Victime d’un accident vasculaire cérébral en 2013, l’ancien président algérien est ensuite resté lourdement handicapé, jusqu’à sa chute du pouvoir en avril 2019. Un état qui a été «durablement caché», rappelle Liberté, à Alger.

Une absence en pleine crise

Le journal algérien El Watan s’inquiète: la dernière apparition d’Abdelmadjid Tebboune remonte au 15 octobre dernier. C’était lors de la visite du ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian.

Et son absence tombe au plus mal. Le quotidien indépendant rappelle que l’Algérie fait face à une crise politique «marquée entre autres par une désaffection sans précédent lors du référendum sur la Constitution [le 1er novembre] […] et une crise sanitaire des plus graves». Sans compter les tensions accrues avec le Maroc voisin, alors que les affrontements ont repris au Sahara occidental.

«Il est évident, au regard de la place centrale qu’occupe le président de la République dans l’échiquier institutionnel, que son absence ralentit considérablement le fonctionnement de l’Etat», conclut Liberté dans un deuxième article.

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