Une action devant la justice civile américaine, dans un tribunal du Bronx: c’est à quoi s’est décidée la femme de chambre Nafissatou Diallo, qui accuse Dominique Strauss-Kahn, l’ancien directeur du FMI, de l’avoir agressée sexuellement. La plainte de la femme de chambre parle «d’agression violente et sadique».

Une agression (à ce stade des enquêtes, supposée) que l’avocat de la jeune femme Kenneth Thompson a décrite en son temps, devant les journalistes, en termes très précis, crus et brutaux.

Cette nouvelle péripétie dans un dossier qui, au pénal, semble prendre plus de temps que ne l’avait prévu initialement le procureur Cyrus Vance, rebondit donc au civil. Où les différences sont de taille: alors qu’au pénal, les faits imputés à Dominique Strauss -Kahn et sa culpabilité, devront être établis sans plus aucun doute, une action intentée au civil est beaucoup moins stricte. Dans ce cas, en effet, il suffit à la victime présumée d’apporter plus d’éléments en sa faveur que ne peut en apporter la défense, et le tour est joué.

Il est à noter également l’extrême habileté de l’avocat de Nafissatou Diallo, qui a choisi de domicilier la plainte civile dans un tribunal du Bronx et non de Manhattan, comme il en avait le choix. En optant pour le Bronx, il sait porter l’affaire devant un jury composé «en grande majorité de Noirs et de Latinos appartenant à la classe des «opprimés», laquelle ne porte guère dans son cœur les Blancs riches, surtout s’ils ont mauvaise réputation», comme l’a rappelé à notre confrère du «Figaro» l’avocat Ron Kuby.