La présidente démocrate de la Chambre des représentants américains, Nancy Pelosi, est arrivée mardi à Damas pour une visite critiquée par le président George Bush mais interprétée en Syrie comme le signe d'un rééquilibrage de la politique américaine dans la région. En se rendant en Syrie, Nancy Pelosi, troisième personnalité politique aux Etats-Unis, adversaire du président Bush notamment sur le dossier de la guerre en Irak, est passée outre aux récriminations de l'administration américaine.

Le président Bush a pour la première fois mardi critiqué personnellement cette visite, estimant qu'elle envoyait des «messages contradictoires» qui minaient les efforts pour isoler le président syrien Bachar al-Assad.

Nancy Pelosi doit rencontrer ce mercredi le président Assad. Elle se rendra ensuite en Arabie saoudite, dernière étape de sa tournée régionale.

Récentes visites

Selon l'agence officielle Sana, «les relations américano-syriennes et les questions régionales» doivent être au menu des entretiens mercredi. L'administration américaine boycotte Damas depuis l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri en février 2005, dans lequel de hauts responsables syriens de la sécurité ont été mis en cause par les enquêteurs de l'ONU. Washington a rappelé son ambassadeur à Damas après cet attentat.

Bien que Washington impose des sanctions économiques à la Syrie depuis 2004 en exigeant qu'elle modifie sa politique régionale, les visites de responsables américains en Syrie se sont succédé récemment.

La présidente de la Chambre des représentants, qui a entamé sa tournée samedi à Jérusalem, devait également transmettre à la Syrie les vues d'Israël sur le conflit israélo-arabe.