Yilmaz, qui tient la supérette de la rue de l’Hôtel de Ville à Nantua, ne dira aucun mal de Marine Le Pen. C’est le Ramadan et il est péché durant le mois sacré d’offenser qui que ce soit. Il reste que le score le 10 avril de la leader du Rassemblement national (RN) dans sa ville l’a secoué. 24,8% des voix contre 24% pour Jean-Luc Mélenchon (LFI, la France insoumise) et 23,70% pour Emmanuel Macron. Sur l’ensemble du département, Marine Le Pen est deuxième (26,05%) derrière le président sortant (27,69%) mais arrive souvent en tête dans les campagnes et les bourgades, comme à Nantua (3 500 habitants). Explication la plus plausible à ce succès de l’extrême-droite: la présence en ville de ceux qu’on appelle les Turcs. Ils seraient 800. Ils sont arrivés dans les années 80. Yilmaz raconte: «Mon père est allé d’abord en Suisse en illégal, il avait des boulots au noir. Un jour, un ami lui dit que ça recrute dans la vallée de la plasturgie, entre Oyonnax et Nantua. Du travail mais aussi un logement et surtout des papiers en règle.» Yilmaz est né, a étudié et a fondé une famille à Nantua. Il est Français et Turc. Vote ici.