Des milliers de condamnés à la prison sont aujourd'hui libres à Naples en raison de sous-effectifs chroniques au sein de l'administration judiciaire. L'information émane du vice-président du Conseil supérieur de la magistrature, Giovanni Legnini.

Il y a actuellement à Naples environ 50 000 décisions définitives en attente d'application, parmi lesquelles 30 000 condamnations, dont 12 000 à des peines de détention, explique Giovanni Legnini après une visite vendredi à Naples, selon les propos rapportés samedi par la presse.

Difficile cependant de dire combien de criminels et délinquants sont concernés: certaines condamnations concernent plusieurs personnes et certains condamnés sont déjà derrière les barreaux pour d'autres affaires.

Mais alors qu'il manque au moins 20% de personnel dans les bureaux de la Justice à Naples comme dans le reste de l'Italie, le retard s'accumule au pied du Vésuve: en 2009, le nombre de décisions définitives en attente d'application était de 15 000.

Manque à gagner économique

Ce retard dans l'application des décisions définitives représente aussi un manque à gagner économique: l'Etat continue de gérer avec peine des centaines d'entreprises et de biens immobiliers saisis alors qu'il pourrait les mettre en vente - dans les cas de condamnation - ou les rendre à leur propriétaire finalement blanchi.

«A Naples se concentrent toutes les situations critiques mais aussi tout le caractère positif du système judiciaire en raison de l'engagement des magistrats», salue le vice-président Legnini, en rappelant qu'en 2015, le travail des magistrats et des forces de l'ordre dans la région de Naples a permis d'arrêter 55 mafieux recherchés, de saisir des biens d'une valeur de 1,3 milliard d'euros.