La junte birmane est capable d'une stupéfiante précision. Selon elle, 136804 buffles et 1250194 poulets auraient péri lors du passage de Nargis le 3 mai passé, rapportait mardi l'Asia Times. Près de quatre semaines après le cataclysme, qui a dévasté l'une des régions les plus densément peuplées d'Asie, le bilan humain reste, lui, très incertain. Selon la dernière version officielle en date du 17 mai, il aurait fait 77738 morts et 55917 disparus. Depuis, silence. Les organisations humanitaires redoutent plus 130000 victimes, chiffre sans doute en deçà de la réalité. Dans la semaine qui avait suivi Nargis, la junte elle-même aurait évalué à 300000 les pertes humaines, croit savoir le quotidien asiatique. Sidérée par son estimation, elle aurait décidé de ne pas la laisser filtrer.

Loin du tsunami

Depuis, si elle a entrouvert la porte aux humanitaires étrangers, et accepté la tenue dimanche passé d'une conférence de donateurs à Rangoon, la Birmanie peine à mobiliser l'aide internationale. A ce jour, les dons et les promesses de dons bilatéraux ou de l'ONU atteignent 233 millions de dollars. C'est infiniment moins que la dizaine de milliards que les généraux réclament pour l'effort de reconstruction. Infiniment moins aussi que les 11 à 13 milliards récoltés dans le gigantesque élan de générosité internationale après le passage du tsunami de décembre 2004. Il avait fait 220000 morts.