La composition du gouvernement, qui sera dirigée par le chef des libéraux francophones Charles Michel, ne sera officialisée qu’avec la prestation de serment de ses membres samedi devant le roi Philippe. Mais trois jours après l’accord de coalition conclu entre trois partis flamands -les nationalistes de la N-VA, les chrétiens-démocrates du CD&V et les libéraux de l’Open VLD- et les francophones du Mouvement Réformateur (MR, libéral) de Charles Michel, la répartition des postes est pour l’essentiel arrêtée. Les libéraux francophones obtiennent le poste de Premier ministre pour M. Michel et conservent les Affaires étrangères pour Didier Reynders. Les cinq autres ministres francophones, tous libéraux, devraient être connus plus tard dans la journée. Mais il est sûr qu’ils gèreront des départements potentiellement à hauts risques: les Retraites, alors que la coalition a annoncé que l’âge légal passerait de 65 à 67 ans en 2030, l’Energie (alors que la Belgique craint des coupures de courant cet hiver) ou les Transports (avec l’épineuse question du survol de Bruxelles).

Ce sont donc bien les nationalistes de la N-VA, grands vainqueurs du scrutin en Flandre avec 33% des voix, qui remportent les fonctions les plus en vue. Si son président, Bart De Wever, a préféré rester en dehors du gouvernement, ce sera son bras droit, Jan Jambon, qui deviendra ministre de l’Intérieur. La Défense et la Fonction publique, deux secteurs où l’équilibre entre francophones et néerlandophones a souvent posé problème, seront aux mains d’un autre N-VA, Steven Vandeput. Le député européen Johan Van Overtveldt, qui prône un renforcement du contrôle des budgets nationaux par la Commission européenne, obtient les Finances. Le secrétariat d’Etat à l’Asile et à la Migration échoit au député Theo Francken et celui à la Lutte contre la Fraude à Elke Sleurs, l’une des rares femmes du futur gouvernement. La N-VA obtient aussi la présidence de la Chambre des députés.

«La N-VA contrôle donc notamment les finances publiques, la police et l’armée», s’est immédiatement inquiété le Parti socialiste (PS) francophone, rejeté dans l’opposition pour la première fois depuis 26 ans. Les chrétiens-démocrates flamands du CD&V auront la Justice, un lot de consolation pour le ministre des Finances sortant Koen Geens, qui souhaitait rempiler, et l’Emploi et l’Economie, attribués à Kris Peeters, ministre-président sortant de la Flandre, longtemps pressenti pour le poste de Premier ministre. Le ministre sortant de la Défense, Pieter De Crem, est rétrogradé au secrétariat d’Etat au Commerce extérieur. Les libéraux flamands obtiennent la Santé pour Maggie De Block, devenue très populaire à l’immigration dans le gouvernement sortant, les Entreprises publiques pour Alexander De Croo et la Coopération.