Le commandant du navire de croisière italien «Costa Concordia» a quitté le navire vendredi soir bien avant l’évacuation des derniers passagers, a indiqué dimanche le procureur en charge de l’enquête à la chaîne de télévision italienne SkyTG24. La justice enquête également sur la «responsabilité» d’autres personnes.

Le bilan du naufrage demeure incertain. On parle de 5 morts (dont deux touristes français et un marin péruvien), mais la liste pourrait s’accroître de deux ou trois victimes, selon les autorités italiennes. Le nombre de blessés serait d’au moins 60, dont deux Suisses.

Interrogé pour savoir si Francesco Schettino, le commandant du bateau, arrêté samedi en compagnie de son second pour homicide multiple, naufrage et abandon de navire, avait «quitté le Costa Concordia bien avant que tous les passagers soient évacués», le procureur Francesco Verusio, du parquet de Grosseto, a répondu dimanche: «Malheureusement, je dois confirmer cette circonstance».

Selon plusieurs médias italiens, le commandant du paquebot a été retrouvé sur le rivage vendredi soir vers 23h40 alors que les derniers passagers ont, eux, été évacués vers 06h00 samedi matin.

Le commandant des pompiers de Grosseto, Ennio Aquilino, avait confirmé cet horaire samedi: «la dernière personne qu’on a sauvée du bateau c’était à environ 6h00, elle avait une jambe cassée».

Le procureur a également indiqué que «la route suivie par le navire n’était pas la bonne». Il a ajouté que le «commandant était sur la passerelle» de pilotage et «donc responsable des opérations». Le parquet enquête également sur «la responsabilité éventuelle d’autres personnes», à part le commandant du bateau et son second.

A propos d’un éventuel manque de préparation de l’équipage, M. Verusio a indiqué dimanche que «c’était plutôt le système de commandement qui ne fonctionnait pas comme il aurait dû».

«Du bruit a été entendu» dimanche matin en provenance d’un des ponts du «Costa Concordia», a indiqué à l’AFP un porte-parole des pompiers italiens qui ont poursuivi les recherches toute la nuit.

«On a entendu des bruits mais il n’y a pas de contacts par la voix», a déclaré Luca Carli, en précisant que ces bruits ont été perçus par les sauveteurs vers 7h00 dimanche matin.

Mais une série d’obstacles bloquent le passage des sauveteurs: portes fermées, escaliers brisés et éléments d’ameublement entassés. Les pompiers-plongeurs et une cellule spécialisée en spéléologie inspectent toujours minutieusement les cabines dans l’espoir de trouver d’autres survivants de la catastrophe.

Pour la partie immergée du «Costa Concordia», les pompiers vont utiliser des caméras qui permettent la vision sous l’eau même en profondeur et à travers les fenêtres des cabines.

Sur les 4’234 passagers - dont 52 enfants - et membres d’équipage du paquebot italien échoué au large de la Toscane, le sort de 39 personnes serait encore incertain, aux dernières nouvelles. .

Selon le dernier décompte des passagers, le «Costa Concordia» hébergeait au total près d’un millier de touristes italiens, 570 ressortissants allemands, 460 Français, environ 180 Espagnols, 130 Américains, ainsi que des Croates, des Russes, des Autrichiens, des Brésiliens, des Japonais, des Néerlandais, des Britanniques, etc. Le nombre de touristes suisses a, lui, été estimé à 69 par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). (ATS, AFP)