La flottille internationale déployée en plein Atlantique a poursuivi avec acharnement ses opérations de recherches des corps des victimes et des débris de l’Airbus d’Air France, récupérant notamment la dérive de l’avion qui s’est abîmé en mer avec 228 personnes à bord. Les Marines brésilienne et française ont également repêché, de samedi à lundi soir, vingt-quatre corps, a annoncé le porte-parole de l’armée de l’air, le lieutenant-colonel Henry Munhoz, lors de son point de presse bi-quotidien à Recife.

Au 8ème jour de la traque aux débris, les forces brésilienne et française, qui ont déjà repéré des centaines d’objets et des «dizaines de composants structurels» de l’avion, commençaient à collecter des pièces importantes, dans cette zone située à 1.150 km de la côte du Brésil. «Nous naviguons sur une mer de débris», a déclaré un membre de l’équipage de la frégate Constituiçao. Des sièges, des masques à oxygène, des objets personnels tels un sac à dos, une mallette, ont déjà été collectés.

Le porte-parole de l’armée de l’air, le lieutenant-colonel Henry Munhoz, a présenté aux journalistes des photos montrant un zodiac de la marine brésilienne se préparant à remorquer la dérive, un des éléments de l’empennage vertical, barré en grand par les couleurs bleu, blanc, rouge d’Air FranceHuit marins étaient visibles sur la photo participant à cette délicate opération de repêchage.

Le président Luiz Inacio Lula da Silva a affirmé lundi que le Brésil «n’épargnerait aucun effort» pour récupérer tout ce qui est possible de l’Airbus d’Air France, en priorité les corps des victimes.

Douze appareils brésiliens et deux français participent aux recherches, ainsi que six navires dont une frégate française. Ce dispositif devait recevoir un renfort de taille avec l’arrivée prévue mercredi du sous-marin nucléaire d’attaque français Emeraude. Avec ses sonars ultra-sensibles, il aura pour tâche de tenter de localiser les deux boîtes noires.

Leur récupération est considérée comme primordiale pour élucider le mystère de la disparition soudaine du vol AF 447 au milieu de l’Atlantique, dans la nuit du 31 mai au 1er juin. Les premiers éléments de l’enquête divulgués à Paris se sont concentrés sur le mauvais fonctionnement des capteurs de vitesse ou sondes Pitot.

Les sondes remplacées en quelques jours

Une note interne d’Air France de novembre 2008, consultée par l’AFP, signale ainsi qu’»un nombre significatif d’incidents» liés aux calculateurs de vitesse sont survenus sur des Airbus A330-340 d’Air France. Estimant que le remplacement des sondes prévu par Air France était trop lent, Alter, syndicat minoritaire de pilotes de la compagnie française, a appelé le personnel navigant à «refuser tout vol sur des A330-340 n’ayant pas au moins deux sondes Pitot modifiées».

Air France a soumis aux pilotes un «calendrier de remplacement» en quelques jours des sondes de contrôle de vitesse des avions sur ses long-courriers A330 et A340 après l’accident du Rio-Paris, a annoncé ce mardi le SNPL, syndicat majoritaire au sein de la compagnie.

«La direction d’Air France a convoqué les syndicats de pilotes lundi soir pour les informer de l’état de remplacement des sondes Pitot et leur a présenté un calendrier extrêmement volontariste», a déclaré à l’AFP le porte-parole du SNPL, Erick Derivry, qui a précisé «un calendrier de quelques jours».

Il a précisé qu’en l’état actuel de l’enquête, il n’y avait pas encore de lien établi entre ces sondes et l’accident de l’A330 d’Air France entre Rio et Paris survenu le 1er juin, mais simplement un lien possible.

Alter, syndicat minoritaire de pilotes d’Air France, a appelé lundi le personnel navigant technique à «refuser tout vol sur des A330-340 n’ayant pas au moins deux sondes Pitot modifiées», après l’accident du Rio-Paris

La compagnie américaine US Airways a annoncé pour sa part avoir commencé à remplacer les capteurs de vitesse sur ses neuf A330-300.