Migrations

Le navire anti-immigrants C-Star immobilisé à Chypre-Nord

Les autorités chypriotes turques ont immobilisé mercredi le C-Star, un navire affrété par des militants d’extrême droite pour lutter contre l’immigration clandestine vers l’Europe, et arrêté son capitaine, selon la presse locale et un groupe à l’origine de cette initiative

Le capitaine du navire et son second ont été interpellés, alors que le bateau a été immobilisé au port chypriote turc de Famagouste, dans l’est de l’île méditerranéenne, a rapporté le journal Kibris Postasi.

Les deux hommes sont soupçonnés de détenir de «faux documents», a ajouté le journal sans donner plus de détails. Le navire est affrété par le réseau européen Génération identitaire (GI) et en particulier ses antennes françaises, italienne et allemande, pour l’opération «Defend Europe» («Défendons l’Europe»).

Grâce à une collecte de fonds sur Internet, ces militants ont récolté plus de 76 000 euros qui leur ont permis de louer le C-Star et son équipage.

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Déjà immobilisé une première fois

Selon le groupe d’extrême droite, le bateau, qui a quitté Djibouti début juin, avait déjà été bloqué une semaine au canal de Suez après que des ONG eurent accusé son propriétaire «d’avoir transporté des migrants, ce qui est totalement faux», dans une tentative d’empêcher la mission.

Une fouille des autorités égyptiennes n’a finalement rien donné, a indiqué à l’AFP Clément Galant, le responsable de l’antenne française. A Chypre, selon lui, ces ONG ont fait à nouveau «pression». Il a expliqué que les Sri-Lankais se trouvant à bord du bateau y étaient en formation, et qu’ils avaient dû le quitter. «Ce ne sont pas des clandestins, c’est une vaste blague».

L’objectif de l’opération est «de montrer le vrai visage des ONG soi-disant humanitaires, leur collaboration avec les mafias de passeurs», avait dit Clément Galant dans une vidéo diffusée auparavant sur les réseaux sociaux.

«Lors de notre mission, lorsque nous croiserons des bateaux remplis de clandestins, nous appellerons les gardes-côtes libyens pour qu’ils puissent venir les secourir et nous veillerons à leur sécurité le temps de leur arrivée», ajoute-t-il.

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Retour en Libye

L’objectif de cette initiative, largement décriée par les ONG, est que les migrants soient reconduits en Libye. Les gardes-côtes italiens considèrent cependant que ce pays n’offre pas de «port sûr» au regard du droit maritime et organisent toujours le transfert vers l’Italie des migrants secourus sous leur coordination.

«En faisant obstacle au réseau des trafiquants, nous pouvons sauver l’Europe», a expliqué un porte-parole de GI-Italie.

Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations, plus de 111 000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer depuis le premier janvier, dont près de 93 500 en Italie. Plus de 2360 sont morts en tentant la traversée.

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