Abdullah, 28 ans, tente de joindre le commandant de la ligne de front mais sa radio ne marche pas. «Nous combattons aussi bien avec un stylo qu’avec une kalachnikov», dit-il tandis qu’il essaie encore de communiquer avec son commandant. «Nous voudrions reprendre nos études au lieu de nous battre. Mais nous n’avons pas le choix.»

Bagram est très proche de Charikar, le chef-lieu de la province de Parwan. La voiture s’engouffre dans le district montagneux de Shinwari. La route est aride, rocheuse. Au loin, on distingue pourtant de la verdure. Des chars de l’armée patrouillent. Des villages faits de pierre et d’argile sont perchés en haut des montagnes. Les talibans sont proches. Sur les sommets des montagnes qui surplombent la vallée, des groupuscules insurrectionnels ou milices ont installé des postes d’observation avec des sacs de sable, reliés à des petites routes ou sentiers. Ils surveillent les environs et assurent le ravitaillement.