Ghana

«Ne le laissez pas être enterré en Suisse!»

Les funérailles de Kofi Annan font débat dans son pays. Rien ne semble encore définitivement fixé

«Ne le laissez pas être enterré en Suisse!» «Aidez-nous à ce qu’on puisse placer le Ghana sur une carte, et ramenez-le ici!» Ces derniers jours, le lieu des funérailles de Kofi Annan a provoqué un débat passionné au Ghana, son pays d’origine. «Des rumeurs disent qu’une partie de la famille voudrait qu’il soit enterré en Suisse», expliquait à la radio Bernard Allotey Jacobs, une figure de l’opposition, en s’opposant vivement à cette perspective. En réalité, bien qu’évoquée, l’idée d’enterrer Kofi Annan dans ce qui était devenu sa ville d’adoption a été vite écartée par les autorités genevoises qui n’ont reçu aucune demande en ce sens de la part de la famille.

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Diverses rumeurs

Cependant, le silence des proches de l’ancien secrétaire général de l’ONU a continué à alimenter diverses rumeurs. Jeudi, un communiqué publié par la Fondation Kofi Annan semblait définitivement mettre fin à ces spéculations: «Le gouvernement du Ghana annoncera prochainement les modalités d’une cérémonie d’Etat, qui aura lieu à Accra», la capitale du Ghana. Mais la Fondation mettait aussitôt les points sur les «i»: «Une cérémonie est une cérémonie, ce ne sont pas des funérailles», nuance-t-on.

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Un problème d’organisation? La difficulté de trouver un lieu adéquat, alors que, selon la presse ghanéenne, The Asomdwee Park, le grand mausolée d’Accra qui abrite la dépouille mortelle de l’ancien président John Evans Atta Mill, tombe aujourd’hui en ruine, tant il est mal entretenu? Du côté des diplomates ghanéens contactés, on assure que tout est pratiquement prêt, et que le Ghana n’attend plus que la décision officielle de la famille. Le son de cloche est un peu différent du côté des proches de Kofi Annan.

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Plusieurs cérémonies d’hommage prévues

«Le Ghana s’attend à un événement d’une ampleur sans précédent. La famille est dans l’attente que le gouvernement s’organise et qu’il lui communique une date. Mais cela concerne beaucoup de chefs d’Etat, au premier rang desquels les responsables africains. Coordonner leurs agendas risque de prendre beaucoup de temps.» Tant à Genève qu’à New York, des cérémonies d’hommage sont également prévues. Mais leur organisation dépend aussi, en partie, de la date fixée pour les funérailles. «Réserver la salle de l’Assemblée générale à New York, par exemple, cela ne s’improvise pas du jour au lendemain», note le même interlocuteur. A Genève, les plus impatients se consolent: il a fallu un an pour organiser, en Thaïlande, les funérailles du roi Bhumibol Adulyadej, décédé en 2016. «Nous avons encore le temps.»

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Dès que le roi sera informé du deuil, tout le reste pourra suivre

Une autre dimension: une partie de la famille Annan, partie au Ghana, serait ces jours en audience auprès du roi Otumfuor Osei-Tutu II, comme le demande la tradition. L’ancien secrétaire général, qui appartient à la tribu des Asante, avait reçu il y a quelques années le titre de Busumro, un hommage sans précédent depuis que fut créé le royaume des Asante en… 1680. «Dès que le roi sera informé du deuil, tout le reste pourra suivre», explique un interlocuteur ghanéen.


Kofi Annan dans certains articles du «Temps»

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