PhILIPPINES

Comment ne pas répéter les erreurs du tsunami

L’ONU réclame 301 millions de dollars pour financer ses opérations aux Philippines. Elle assure qu’elles ont tiré les leçons du tsunami de 2004

Une catastrophe naturelle d’une ampleur inédite, des côtes dévastées sur des centaines de kilomètres, des rescapés démunis, l’aide qui s’organise difficilement, les promesses de dons qui commencent à affluer… Le typhon Haiyan, qui a traversé l’archipel des Philippines, n’est pas sans rappeler le tsunami de 2004. Comment ne pas répéter les mêmes erreurs: la ruée d’organisations sur place, leur mauvaise coordination ou l’afflux de biens inutiles?

Mardi, à Genève, la capitale humanitaire mondiale, les agences de l’ONU étaient au complet pour annoncer le lancement d’un appel de fonds visant à récolter 301 millions de dollars en faveur des Philippines. A ce stade, l’ONU estime que 11,3 millions de personnes ont été affectées par le typhon et 670 000 ont été déplacées.

Pour l’instant, c’est l’armée philippine qui gère l’acheminement de l’aide dans les régions les plus touchées mais les premiers vols civils sur la zone sont prévus ce mercredi. «Tout se fait en collaboration avec le gouvernement», ­explique Elisabeth Byrs, la porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM).

Les humanitaires assurent que les leçons du tsunami ont été tirées. «Il faut éviter la précipitation. La priorité est avant tout logistique. C’est bien beau d’envoyer de la nourriture ou des abris mais tout est détruit. Il faut pouvoir décharger les avions et stocker les denrées et le matériel avant de procéder aux distributions. Six heures sont nécessaires pour parcourir les 11 kilomètres entre l’aéroport et la ville de Tacloban, la plus touchée par le typhon», continue la porte-parole.

Depuis le tsunami, les agences de l’ONU se sont réparti les rôles. Chacune d’entre elles coordonne un domaine d’activités: la santé pour l’OMS, la nourriture et la logistique pour le PAM… Un effort auquel les plus grandes ONG sont associées. «En Haïti, après le séisme de 2010, on a compté plus de 400 ONG. Il est impossible de coordonner tout le monde», concède Elisabeth Byrs.

Partenaires locaux

La réponse aux appels de l’ONU pour les victimes du tsunami avait dépassé toutes les attentes. Mais c’est rarement le cas. En 2006, un fonds central a été mis en place pour répondre au plus vite aux catastrophes mais aussi pour financer les efforts humanitaires dans des contextes oubliés. Dès lundi, 25 millions de dollars ont ainsi été débloqués pour les Philippines.

Côté privé, les collectes s’organisent. En Suisse, la Chaîne du Bonheur a récolté 2,1 millions de francs depuis vendredi et annonce une journée spéciale pour le 18 novembre. «Depuis le tsunami, nous sommes plus attentifs à ce que les organisations suisses travaillent avec des partenaires locaux», souligne Caroline de Palézieux, porte-parole de la Chaîne du Bonheur. «Pour les Philippines, la plupart des ONG que nous soutenons étaient déjà présentes dans le pays avant le passage du typhon.»

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