Ravis sous leurs drapeaux rouges, une centaine de Suisses ont rejoint les syndicats européens. Les organisateurs les ont placés en début de cortège. Des observateurs s'amusent: «Des Suisses! Ici? Curieux.» «Je crois qu'une part des Suisses, et notamment les syndicats, veulent adhérer à l'Union européenne. C'est donc très bien qu'ils se sentent concernés par ce débat», observe l'eurodéputé socialiste Harlem Désir, qui participe lui aussi au défilé.

«Nous ne sommes plus une île», lance un syndicaliste bernois. Pourtant le lien entre la directive Bolkestein et la Suisse est ténu, d'autant que les négociations entre Berne et Bruxelles sur les services sont gelées depuis trois ans. L'an passé, lors d'une grande manifestation en mars à Bruxelles, Unia avait convié ses adhérents à protester contre la directive, en écho au référendum sur la libre circulation des personnes. Aujourd'hui, Hansueli Scheidegger explique qu'il s'agit, pour Unia, de défendre - indirectement - les mesures d'accompagnements à la libre circulation: «Si la directive passe, on n'aura plus le droit d'appliquer nos mesures d'accompagnement pour les boîtes étrangères. Et la question de savoir si nous sommes pour ou contre l'ouverture de la Suisse aux travailleurs étrangers se posera tout à fait différemment.»