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David Davis et Michel Barnier, les négociateurs en chef des deux parties.
© Thierry Monasse/Getty Images

Union européenne

Les négociations sur le Brexit alignent les percées

Pour le négociateur européen Michel Barnier, la plus grande partie du chemin est faite. Mais la question irlandaise et les futures relations commerciales restent des sujets à haut risque

«Une étape décisive» vers la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. C’est un Michel Barnier plus optimiste que d’habitude qui s’est présenté hier à Bruxelles devant les journalistes aux côtés de son homologue britannique David Davis. Les deux hommes ne s’étaient pas rencontrés dans la capitale belge depuis décembre 2017 et ils avaient visiblement de bonnes nouvelles à célébrer.

Les deux parties ont désormais parcouru «la plus grande partie» du chemin vers une «sortie ordonnée du Royaume-Uni de l’UE», a lancé le négociateur français. Et à quelques jours du sommet des dirigeants européens à Bruxelles, Londres a même sécurisé sa période de transition, qui lui permettra de limiter la casse après le 29 mars 2019 en se préparant à son nouveau statut de pays tiers sans saut brutal dans l’inconnu.

Des motifs de satisfaction

Cette chorégraphie bien léchée juste avant le sommet européen devrait aussi permettre à Londres de s’engager pleinement avec son partenaire dans les discussions commerciales à partir du mois d’avril, l’objectif étant là aussi d’arriver à une entente d’ici à la fin de cette année.

Tout va donc pour le mieux dans les négociations du Brexit? Pour Bruxelles, il faut évidemment rester prudent et «rien n’est conclu tant que tout n’est pas conclu», a rapidement prévenu Michel Barnier. Mais il avait quelques motifs de satisfaction hier car Londres a cédé sur une série de points.

Tout d’abord, c’est sur la question irlandaise que Michel Barnier a semblé légèrement plus confiant qu’à son habitude. Le Français a annoncé que le partenaire britannique avait bel et bien accepté le principe d’un filet de sécurité au cas où aucune solution n’était trouvée afin d’éviter une frontière physique entre les deux Irlande. Les détails de ce «backstop» avaient fait hurler le Parti unioniste démocrate (DUP) d’Arlene Foster le 28 février, lorsque la Commission avait proposé que l’Irlande du Nord et l’Irlande constituent une zone commune dont les règles seraient calquées sur le marché unique et l’union douanière.

Accord de paix respecté

Theresa May aussi avait publiquement jugé cette solution «inacceptable». Londres s’est donc défendu hier d’avoir accepté ces termes exacts mais le principe d’une solution par défaut consistant en une forme d’alignement réglementaire a bel et bien été accepté et sera traduit juridiquement dans l’accord final. David Davis l’a réaffirmé: l’accord du Vendredi saint, l’accord de paix sur l’Irlande du Nord, sera respecté intégralement.

Une percée a aussi été réalisée sur la fameuse période de transition que Michel Barnier jugeait encore il y a quelques semaines pas du tout «acquise». Londres en a besoin pour assurer sécurité juridique et visibilité à ses entreprises ou aux bénéficiaires de projets financés encore par l’UE. Au départ, Londres réclamait deux ans. Ce sera finalement 21 mois, jusqu’au 31 décembre 2020, comme le souhaitait Bruxelles. Londres voulait aussi mettre un terme définitif à la libre circulation des citoyens européens sur son sol dès le 30 mars 2019.

Là encore, il lui faudra patienter un peu. Le gouvernement britannique a accepté d’offrir aux Européens voulant s’installer au Royaume-Uni entre le 30 mars 2019 et décembre 2020 les droits dont bénéficieront ceux qui se trouveront sur place avant le 29 mars 2019, la date du Brexit effectif. Ces droits, acquis à vie, seront aussi offerts à leurs familles.

Concessions mineures pour l'UE

Pour sa part, Bruxelles a accepté de permettre à Londres de négocier et même de signer pendant cette période de transition des accords de libre-échange avec des pays tiers. Mais Londres ne pourra pas les faire entrer en vigueur à moins que l’UE ne l’y autorise. Sur les quotas de pêche, le Royaume-Uni a aussi obtenu l’assurance d’être consulté. Des concessions mineures pour l’UE.

Mais en sera-t-il ainsi encore longtemps? A partir de la semaine prochaine, Michel Barnier s’attaquera aux contours de la future relation commerciale. La relation qui devrait être la plus difficile à définir, alors que les partenariats de défense et de sécurité font consensus. Les premières discussions entre les 27 ont déjà révélé des différences. Certains pays comme le Luxembourg militent ouvertement en faveur de l’inclusion des services financiers dans le futur accord commercial. L’Allemagne s’y montre aussi sensible, tandis que la France apparaît bien plus frileuse. Peut-être un bon coup à jouer pour Londres.

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