Le chaos politique en Egypte ne fait qu’ajouter au marasme économique qui mine le pays. Alors que les touristes manquent à l’appel, que la livre égyptienne s’affaiblit et que le chômage augmente, le pays a un besoin urgent de capitaux. Pourtant, les négociations initiées par Le Caire en août pour obtenir un prêt de 4,8 milliards de dollars du Fonds monétaire international (FMI) s’éternisent. D’autres milliards d’aide internationale sont suspendus à cet accord.

Gelées en décembre suite à la décision du président Mohamed Morsi de renoncer aux hausses d’impôts exigées par le FMI, les discussions ont repris début janvier. La semaine dernière, après une rencontre avec la présidente du FMI, Christine Lagarde, en marge du Forum économique de Davos, le premier ministre égyptien, Hicham Qandil, a affirmé qu’un accord devrait être conclu d’ici au début de février. Il a ajouté que le pays mettrait en œuvre une partie des réformes exigées par l’institution avant les élections législatives prévues en avril. D’autres seront menées après ce scrutin test pour les Frères musulmans.

«Mais le FMI semble de plus en plus frustré de la lenteur des pourparlers, observe l’économiste basé au Caire Angus Blair, de l’Institut Signet. Chaque nouveau retard signifie que les négociations repartent à zéro, avec le risque que la dégradation de la situation politique conduise à une réévaluation des conditions du prêt.»

Largesses qataries

Mohamed Morsi se tourne désormais vers l’Europe. Il s’est rendu mercredi à Berlin pour solliciter un allégement de dette et de possibles investissements de l’Allemagne – troisième partenaire commercial de l’Egypte, après les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite. Mais, comme le FMI, «l’Europe se montre de plus en plus sceptique envers les capacités du président égyptien de résoudre la crise politique». En attendant, le chef de l’Etat peut compter sur les largesses de son ami qatari, qui a promis de doubler son aide, la portant à 5 milliards de dollars.