Les grandes puissances se réunissent une troisième fois ce mercredi à Genève face à l’Iran. Cette fois-ci, les discussions sont prévues sur trois jours, pour se donner plus de chance d’aboutir. Jamais un accord n’a semblé aussi proche depuis le début de la crise née de la découverte de l’ampleur du programme nucléaire de Téhéran en 2002. Mais avant de retrouver les Iraniens, encore faudrait-il que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne (P5 +1) soient sur la même longueur d’onde.

Pour l’instant, aucun autre ministre que les habitués Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne, et son homologue européenne ­Catherine Ashton, n’est annoncé à Genève. Mais les choses pourraient changer selon l’avancement des discussions. Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a repoussé une visite en Israël prévue en fin de semaine. Le Russe Sergueï Lavrov pourrait le rejoindre à Genève vendredi.

Intransigeance française

De façon symptomatique, les négociateurs du P5 +1 se réuniront d’abord entre eux ce matin, avant une rencontre en début d’après-midi entre Catherine Ashton et Javad Zarif.

Ce ne sera pas de trop pour aplanir les divergences apparues lors de l’échec du précédent round, il y a dix jours. La France s’était présentée comme la plus intransigeante. Accouru à Genève, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait détaillé devant les médias les points de blocage, mettant à mal la confidentialité des discussions. Cette fois, aucune décision n’a été prise sur la venue du ministre, signale-t-on au Quai d’Orsay.

Il y a dix jours, un projet d’accord intérimaire était sur la table. Ses termes sont aujourd’hui plus ou moins connus. En échange d’une levée partielle et réversible des sanctions qui étranglent son économie, l’Iran accepterait une suspension de son programme nucléaire.

Les tractations buttent sur le droit revendiqué par Téhéran à l’enrichissement d’uranium, le sort du stock le plus enrichi et l’avenir du réacteur à eau lourde d’Arak, qui pourrait produire du plutonium, l’autre voie vers l’arme nucléaire.

Mardi, l’Iran a poursuivi son opération de charme auprès de l’opinion occidentale. Pour la première fois, Javad Zarif a posté une vidéo sur YouTube sous-titrée en français, assurant des intentions pacifiques du programme nucléaire iranien. «Il s’agit d’arrêter la combustion de notre pétrole et de produire de l’énergie propre.» Et de lancer: «Rejoignez-nous pour mettre fin à cette crise inutile.» Mardi soir, la vidéo avait été vue plusieurs milliers de fois.