«Il y a eu beaucoup de progrès ces derniers jours», s'est réjoui lundi Zalmay Khalilzad, l'émissaire des Etats-Unis pour l'Afghanistan. Dans un échange téléphonique avec des journalistes, il s'est montré optimiste lundi sur le lancement de négociations de paix entre Kaboul et les talibans, assurant que le président Donald Trump pourrait même accélérer le retrait des troupes américaines si tout se passe bien.

Le 29 février, Washington a signé un accord avec les talibans, prévoyant l'ouverture immédiate de négociations de paix directes inédites entre les insurgés et le gouvernement afghan, ainsi que le départ des forces étrangères d'ici mi-2021. Si l'armée américaine a entamé son retrait, les pourparlers interafghans sont jusqu'ici restés lettre morte. Les violences se sont multipliées et le processus de paix semblait sur le point de dérailler.

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Plusieurs événements semblent toutefois avoir relancé ce processus de paix, à commencer par l'entente trouvée entre le président afghan Ashraf Ghani et son rival Abdullah Abdullah. Ce dernier, nommé négociateur en chef, s'est dit prêt à débuter «à tout moment» les discussions.

«Beaucoup (de choses) restent encore à faire»

Kaboul a aussi accéléré les libérations de prisonniers talibans, préalable à l'ouverture des pourparlers, et un cessez-le-feu sans précédent a été respecté pendant la fête qui marque la fin du ramadan et suivi d'une certaine accalmie. «Beaucoup de gens étaient pessimistes sur la possibilité de tenir des négociations interafghanes, et sur la capacité à faire suffisamment de progrès sur la question des prisonniers», a relevé Zalmay Khalilzad.

L'émissaire américain a toutefois refusé d'avancer une date. «Beaucoup (de choses) restent encore à faire» sur les échanges de prisonniers, a-t-il prévenu. Des responsables américains ont dit que le retrait de l'US Army est déjà en avance sur le calendrier prévu. Zalmay Khalilzad a souligné que le rythme du départ était une «prérogative du président».

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«S'il pense que les conditions sont remplies, alors on pourra partir plus rapidement, mais la clé c'est le respect des conditions», a-t-il expliqué. Les talibans se sont engagés à combattre les groupes djihadistes comme Al-Qaïda ou le groupe Etat islamique.

Or, selon un récent rapport d'experts pour le Conseil de sécurité de l'ONU, les talibans et Al-Qaïda «restent proches» et étaient en contact régulier au sujet des négociations avec les Etats-Unis. Zalmay Khalilzad a minimisé ce rapport, estimant qu'il concernait essentiellement la période avant l'accord du 29 février, tout en avouant «surveiller de très près ces activités».