Les négociateurs yéménites feront salle à part

Genève Discussions sous l’égide de l’ONU

C’est un timide espoir pour le Yémen après deux mois de guerre intensive. Après deux tentatives avortées, les parties au conflit yéménite se retrouveront lundi à Genève. La composition des délégations reste un mystère. Les rebelles houthistes, qui ont pris la capitale Sanaa en septembre, puis ont forcé le président à l’exil à Riyad et provoqué l’intervention de l’Arabie saoudite, devraient faire le déplacement. Une délégation viendra de Sanaa et l’autre de Riyad, la capitale saoudienne, indique l’ONU.

La méfiance est telle que Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, et son envoyé spécial pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed, rencontreront les deux délégations séparément lundi. Dans l’espoir de les réunir ensuite autour de la même table. Les discussions doivent durer jusqu’à mardi, voire mercredi. «C’est le début d’un processus», tempère Ahmad Fawzi, le porte-parole de l’ONU à Genève.

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe sera aussi à Genève. Ban Ki-moon rencontrera également les ambassadeurs de 18 pays impliqués dans la résolution du conflit yéménite. Dans ce groupe, l’Iran, accusé de soutenir les rebelles, brille par son absence.

Dans l’immédiat, l’ONU espère une amélioration de la vie quotidienne des Yéménites, en favorisant l’acheminement d’aide humanitaire. Sur place, les combats ont continué de plus belle vendredi. L’aviation de la coalition des Etats du Golfe, dirigée par l’Arabie saoudite, a bombardé pour la première fois le centre historique la ville de Sanaa, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, faisant cinq morts. Riyad a démenti ce raid, évoquant l’explosion d’un dépôt de munitions des rebelles.