Proche Orient

Les négociations reprennent entre Israël et Palestine

Les protagonistes du processus de paix ont affiché mercredi leur bonne volonté à la Maison Blanche, après que le président américain Barack Obama les eut appelés à saisir une chance de faire la paix qui pourrait selon lui ne plus se représenter

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, connu pour ses positions de «dur», a fait assaut de phrases conciliatrices à l’issue d’une journée de relance des pourparlers du Proche-Orient qui aura vu plusieurs des principaux acteurs de la région, à commencer par lui-même, se succéder dans le Bureau ovale de M. Obama.

Affirmant être prêt à un «compromis historique» et vouloir mettre fin «une fois pour toutes» au conflit israélo-palestinien pour parvenir à une «paix qui durera des générations» malgré «les sceptiques», M. Netanyahu est allé jusqu’à qualifier le président palestinien Mahmoud Abbas de «partenaire pour la paix».

Les deux hommes se sont chaleureusement serré la main après leurs allocutions en début de soirée dans la salle d’apparat de la Maison Blanche, aux côtés de M. Obama, du roi Abdallah de Jordanie et du président égyptien Hosni Moubarak.

Les cinq dirigeants, accompagnés de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton et du représentant du Quartette Tony Blair, devaient ensuite dîner ensemble, lançant les négociations directes israélo-palestiniennes parrainées par les Etats-Unis qui veulent les voir aboutir d’ici un an.

Les dirigeants «ne peuvent pas se permettre de laisser s’échapper» cette chance, a affirmé M. Obama. «Le temps est venu pour les dirigeants courageux et visionnaires d’ouvrir la porte à la paix que leurs peuples méritent», a-t-il ajouté, en promettant de jeter «tout le poids» des Etats-Unis dans la balance.

Le dialogue direct à proprement parler reprendra jeudi à 10h00 (14h00 GMT) au département d’Etat. Selon M. Obama, tant M. Netanyahu que M. Abbas lui ont affirmé qu’ils étaient persuadés qu’une solution était possible dans le délai fixé.

M. Abbas a rappelé «notre engagement à remplir nos obligations». Mais comme M. Moubarak avant lui, il a exhorté les Israéliens à geler toute construction dans les colonies en Cisjordanie. Ce gel «n’est pas une condition préalable», mais l’application d’un accord passé avec les Israéliens, a-t-il dit.

La question de la colonisation israélienne, sur laquelle le gouvernement Netanyahu a décrété un moratoire qui arrive à échéance le 26 septembre, constitue un écueil de taille dans le processus de paix. M. Netanyahu ne l’a pas évoquée mercredi soir, mais selon son bureau, il a réaffirmé à Mme Clinton que ce gel prendrait fin à la date prévue.

Les positions des deux parties sur d’autres sujets cruciaux semblent difficiles à réconcilier, nourrissant le scepticisme sinon le pessimisme des observateurs sur les chances de succès de cette énième tentative de règlement, 17 ans avec le processus d’Oslo. C’est le cas du devenir des réfugiés palestiniens et du statut de Jérusalem, ville dont Israël a annexé la partie orientale, et que l’Etat hébreu défend comme sa capitale indivisible.

Dans le passé, les négociations israélo-palestiniennes ont été à la merci de violences sur le terrain. A ce sujet, après un attentat qui a coûté la vie mardi à quatre colons en Cisjordanie et un autre mercredi lors duquel deux Israéliens ont été blessés, M. Netanyahu a promis qu’il «ne laisserait pas les terroristes entraver la marche vers la paix». De son côté, M. Abbas a condamné ces attaques, jurant que «nous ne voulons pas du tout que le sang soit versé […], pas une goutte de sang israélien ou palestinien».

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