Benjamin Netanyahou a annoncé qu’il présenterait en début de semaine prochaine son cabinet, qu’il a qualifié de «gouvernement d’union nationale», devant le parlement, pour un vote d’investiture. Il a de nouveau félicité le parti travailliste pour avoir voté la veille l’entrée dans sa coalition, estimant que cette décision permettra de constituer un «gouvernement stable et fort, exprimant la volonté d’union nationale» en Israël.

Le négociateur en chef du Likoud, chargé des accords de coalition, Gideon Saar, a aussi indiqué qu’un accord avec le parti religieux ultra-nationaliste du «Foyer juif» (3 députés sur 120) avait été «finalisé» et devait être signé mercredi. Avec cet accord, le nouveau gouvernement Netanyahou issu des législatives du 10 février dispose en principe de la majorité absolue au parlement avec 69 députés.

Benjamin Netanyahou, le leader du Likoud, a voulu par ailleurs rassurer l’opinion internationale et particulièrement les Etats-Unis, sur les intentions de son cabinet qui sera ancré à droite. A Washington, le président Barack Obama a en effet estimé que l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement de droite n’allait pas rendre «plus simple» la paix avec les Palestiniens, tout en affirmant son engagement à essayer de mettre fin au conflit.

«Pour tous les gouvernements israéliens, y compris le mien, la paix est un objectif. Cela signifie que je négocierai avec l’Autorité palestinienne pour la paix», a affirmé M. Netanyahou lors d’une conférence économique à Jérusalem. «Je pense que les Palestiniens devraient comprendre qu’ils ont avec notre gouvernement un partenaire pour la paix, la sécurité et le développement rapide de leur économie», a-t-il ajouté.

Mais Benjamin Netanyahou, hostile à la création d’un Etat palestinien souverain, envisage uniquement pour les Palestiniens une autonomie élargie, ce qu’ils refusent catégoriquement. Par ailleurs, il prône la poursuite de la colonisation en Cisjordanie occupée.

La radio de l’armée israélienne a ainsi fait état d’un accord secret entre Netanyahou et Avigdor Lieberman, le chef du parti d’extrême droite nationaliste Israël Beiteinou, prévoyant l’extension d’une colonie dans un secteur ultra-sensible de Cisjordanie. Cet accord prévoirait la construction de 3000 unités, en majorité des logements, mais aussi bureaux et hôtels, dans une zone dite «secteur E1», qui relierait la colonie de Maalé Adoumim (33 000 habitants) à Jérusalem-Est, annexé par Israël après sa conquête en juin 1967.

Les Etats-Unis avaient mis leur veto à ce plan, dénoncé par les Palestiniens, qui coupe pratiquement en deux la Cisjordanie, rendant encore plus problématique la constitution d’un Etat palestinien.

L’accord de coalition entre les travaillistes et le Likoud stipule que des efforts en vue d’une paix globale au Proche Orient seront poursuivis, mais ne mentionnent ni l’Etat palestinien, ni la Feuille de route, un plan international de paix, ni la relance des négociations à la conférence internationale d’Annapolis (Etats-Unis) de novembre 2007. Selon la loi, M. Netanyahou doit former son gouvernement d’ici le 3 avril pour obtenir l’aval du parlement.