«Nous sommes d’accord sur tous les principes et questions ainsi que sur la répartition des ministères et sur l’option d’un cabinet d’union», a affirmé à la presse le député du Likoud (droite, 27 élus) Guidéon Saar, après avoir paraphé dans la nuit de dimanche à lundi un accord de coalition avec Israël Beiteinou (15 députés sur 120).

«Nous ne fermons pas la porte à un gouvernement élargi et, s’il voit le jour, cela provoquera des changements» dans l’accord du Likoud et d’Israël Beiteinou, a ajouté M. Saar, qui supervise les tractations sur la formation du cabinet.

Aux termes de ce premier accord de coalition, Israël Beiteinou obtiendra le ministère des Affaires étrangères, attribué à son chef Avigdor Lieberman, ainsi que la Sécurité intérieure, les Infrastructures, le Tourisme et l’Intégration (des immigrants).

Réagissant à cette désignation attendue, le député arabe israélien Ahmad Tibi a appelé «les chefs de diplomatie européens à ne pas rencontrer ce fasciste qui prône l’expulsion des Arabes». «J’appelle aussi la diplomatie arabe à boycotter Lieberman et à ne pas le rencontrer, ni publiquement, ni secrètement», a ajouté M. Tibi à l’AFP.

Le Likoud devait poursuivre des tractations avec ses alliés naturels des partis religieux et d’extrême droite, notamment le Shass ultra-orthodoxe sépharade (11), la Liste Unifiée de la Torah ultra-orthodoxe ashkénaze (5), l’Union Nationale (4) et le Foyer Juif (3). Selon le délai imparti par la loi, M. Netanyahu doit former son gouvernement et le présenter à l’investiture du Parlement d’ici jeudi, faute de quoi il devrait demander au président Shimon Peres un délai supplémentaire de deux semaines.

«Dans ce dernier cas de figure, il pourrait être soumis à des pressions accrues qu’il préfère s’épargner, et cela alors que l’option d’un cabinet élargi n’est pas très forte», a indiqué à l’AFP sous condition d’anonymat un haut responsable du Likoud. M. Netanyahu a relancé l’espoir d’un cabinet d’union en rencontrant secrètement et longuement la semaine dernière sa rivale Tzipi Livni, leader du parti centriste Kadima (28 députés).

Selon le journal Jerusalem Post, cette dernière s’est par ailleurs récemment longuement concertée avec le ministre de la Défense Ehud Barak, chef du parti travailliste (13 élus), afin de coordonner leur éventuel ralliement. Mais elle a fait monter les enchères en réaffirmant dimanche soir que le Kadima ne se joindra à un gouvernement que si son programme stipule la nécessité de «deux Etats pour deux peuples» (Israël et les Palestiniens) et celle de «poursuivre le processus de paix engagé à la conférence internationale d’Annapolis», aux Etats-Unis, en novembre 2007.

«Pour nous, il s’agit d’exigences fondamentales, et +Bibi+ (Netanyahu) doit les admettre ou s’orienter à droite», a déclaré aux journalistes Mme Livni qui a conduit, en tant que chef de la diplomatie, des négociations avec l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas en vue de la création d’un Etat palestinien.

M. Netanyahu rejette l’idée d’un tel Etat et évoque une «paix économique» prévoyant l’amélioration des conditions de vie des Palestiniens en Cisjordanie aux plans économique et de la sécurité.

Autre difficulté: Mme Livni souhaite conclure un accord de «rotation» au pouvoir prévoyant que M. Netanyahu dirige le gouvernement pendant la moitié de la législature et lui laisse ensuite sa place, une idée rejetée par ce dernier.