Les autorités indiennes ont demandé à la ville de New Delhi de se préparer à prendre des mesures d’urgence contre la pollution atmosphérique, qui atteint des niveaux alarmants ces derniers jours. Elle «doit être totalement prête à prendre des mesures de catégorie urgente», indique un ordre de la Commission centrale de contrôle de la pollution, qui relève du gouvernement fédéral indien. Cet organisme a par ailleurs demandé aux habitants de «limiter leurs activités en plein air pour minimiser leur exposition.»

Dix fois la limite quotidienne

En réaction, la capitale vient d’ordonner la fermeture des écoles pour une semaine. Hier, vendredi 12 novembre, les niveaux de pollution à New Delhi se situaient à un niveau «sévère», ce qui a conduit le Conseil central de contrôle de la pollution à lancer une alerte sanitaire imminente. «À partir de lundi, les écoles seront fermées pour que les enfants n’aient pas à respirer de l’air pollué», a ainsi déclaré à la presse le ministre en chef de la capitale indienne, Arvind Kejriwal.

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Ce samedi, les niveaux de particules fines en suspension PM2,5 – les plus dangereuses, au diamètre inférieur à 2,5 microns – dépassaient les 300 microgrammes par mètre cube, soit plus de dix fois la limite quotidienne recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Durant cette semaine, les fonctionnaires seront contraints de télétravailler et les entreprises privées sont invitées à faire de même autant que possible. La circulation automobile sera réduite. Les travaux de construction seront arrêtés pour cesser les émissions polluantes depuis des sites en plein air. New Delhi avait déjà mis en place ces différentes mesures en 2019.

Au vu des vents faibles et des conditions calmes pendant la nuit, les conditions météorologiques seront hautement défavorables à la dispersion des polluants jusqu’au 18 novembre», prévient la Commission.

Des brûlis agricoles

Cependant, des incinérations massives de déchets agricoles, bien qu’interdite par le Cour suprême, continuent d’avoir lieu dans les États voisins de New Delhi. Cette pratique permet à des dizaines de milliers de petits paysans de nettoyer leurs champs à moindre coût des résidus de la récolte du riz pour pouvoir semer la culture suivante, généralement du blé. Un observatoire gouvernemental affirme que plus d’un quart de la pollution atmosphérique de la capitale peut être attribué à ces brûlis agricoles.

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Le pic de pollution, qui se traduit déjà chaque déjà par la formation d’un smog intense dans la capitale, pourrait donc s’aggraver. Selon un rapport de l’organisation suisse IQAir publiée en 2020, New Delhi – qui compte plus de 20 millions d’habitants – est la plus polluée au monde en raison de ses usines, de son trafic et des feux agricoles allumés chaque hiver. La revue médicale The Lancet estime que la pollution a été à l’origine de 1,67 million de décès en Inde en 2019, dont près de 17 500 dans la capitale.