Après la stigmatisation de la communauté gay - plus touchée que le reste de la population -, c'est celle rapportée au nom qui est dénoncée. La ville de New York a demandé, mardi, à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de rebaptiser la variole du singe – «monkeypox» en anglais.

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«Nous sommes de plus en plus préoccupés par les effets potentiellement dévastateurs que les messages autour du virus de la variole du singe peuvent avoir sur (des) communautés déjà vulnérables», écrit le commissaire à la Santé de la ville de New York, Ashwin Vasan, dans un courrier au directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Ce dernier avait d’ailleurs évoqué ce possible changement à la mi-juin, ce que rappelle Ashwin Vasan dans sa lettre.

D’après le commissaire à la Santé, cette «terminologie» est aussi «ancrée dans une histoire raciste et douloureuse pour les communautés de couleur». Dans son courrier, il rappelle les effets négatifs de fausses informations lors de l’apparition du virus du sida (VIH) ou du racisme dont ont souffert les communautés asiatiques après la pandémie de Covid-19, que le président américain Donald Trump avait qualifié de «virus chinois».

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Raviver des «sentiments traumatisants»

«Le fait de continuer à utiliser le terme de «variole du singe» pour décrire l’épidémie actuelle peut raviver ces sentiments traumatisants de racisme et de stigmatisation – en particulier pour les personnes noires et les autres personnes de couleur, ainsi que pour les membres des communautés LGBTQIA +, et il est possible qu’ils évitent de recourir à des services de soins de santé vitaux pour cette raison», ajoute Ashwin Vasan.

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Tout le monde peut attraper la variole du singe, mais depuis son apparition en Europe et aux Etats-Unis, le virus se répand en immense majorité chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. New York est la ville la plus touchée aux Etats-Unis en nombre de cas, avec 1092 contaminations détectées depuis le début de l’épidémie.