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Nicolas Sarkozy mis en examen

L’ex-président est rattrapé par l’affaire Bettencourt. Nicolas Sarkozy a été confronté au personnel de la milliardaire, etu terme de cette nouvelle audition, l’ex-chef de l’Etat a été mis en examen pour « abus de faiblesse ». Une tuile, s’il espérait revenir dans la vie politique

L’euphorie n’aura été que de courte durée. Elle n’aura prévalu que le temps de quelques sondages flatteurs et d’un voyage en Libye, en début de semaine, pour lui rappeler le temps de sa splendeur. S’il espérait revenir un jour dans la vie politique, Nicolas Sarkozy doit déchanter. L’ancien locataire de l’Elysée est rattrapé par la justice au moment même où la droite ne parle que de son retour.

Lors d’une nouvelle audition jeudi à Bordeaux auprès du juge Jean-Michel Gentil qui enquête sur l’affaire Bettencourt, Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour abus de faiblesse. Le juge, cette fois, a estimé qu’il y avait suffisamment de charges contre lui pour donner à penser qu’il avait pu profiter de la sénilité de la nonagénaire pour lui soutirer de l’argent lors de la campagne présidentielle de 2007. En novembre dernier déjà, l’ancien président avait été entendu pendant douze heures par ce même juge qui n’a pas la réputation d’être un tendre. Mais, divine surprise, il avait alors été placé sous le statut de « témoin assisté », un statut à mi-chemin entre le simple témoin et l’inculpé qui permettait de voir s’éloigner la perspective d’un procès.

Nicolas Sarkozy a été confronté à l’ex-majordome de l’héritière de L’Oréal ainsi qu’à plusieurs autres membres de son personnel. Pascal Bonnefoy n’était pas le seul à affirmer qu’il avait vu plusieurs fois le candidat à la présidentielle chez les Bettencourt à Neuilly. L’ancienne comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, ne disait pas autre chose. Mais l’ancien locataire de l’Elysée avait démenti en bloc lors de sa précédente audition. Il n’avait admis avoir rendu visite qu’une seule fois en 2007 au mari de la vielle dame, André Bettencourt, décédé depuis. « Je connais les Bettencourt depuis 28 ans. J’ai fait cinq campagnes municipales à Neuilly : ils ne m’ont jamais donné un sou et je ne leur en ai jamais demandé », avait-il assuré.

Le juge Gentil s’intéresse à plusieurs retraits en espèces effectués sur les comptes de Liliane Bettencourt. Son gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre, aurait servi de relais auprès d’Eric Woerth, alors trésorier de la campagne du candidat de l’UMP. Les deux hommes, qui n’ont jamais avoué, sont tous deux sont le coup d’une mise en examen.

L’avocat de Nicolas Sarkozy a déjà annoncé qu’il déposerait un recours contre une décision qu’il considère comme « injuste ».

S’il est aujourd’hui rattrapé par l’affaire Bettencourt, le dossier pourrait bien ne pas être le seul à assombrir l’avenir de celui qui vit aujourd’hui de prestigieuses conférences données à l’étranger. Des soupçons existent aussi à propos d’un financement de cette même campagne de 2007 par le colonel Kadhafi, feu le dictateur lybien contre lequel Nicolas Sarkozy était parti en guerre il y a deux ans. Le nom de l’ancien président est aussi cité à propos du financement de la campagne d’Edouard Balladur, en 1995. Un financement qui pourrait avoir un lien avec les attentats de Karachi, en 2002, qui avaient coûté la vie à 14 personnes, dont onze Français.

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