Nicolas Sarkozy mise sur une majorité confortable

France Election ce samedi à la tête de l’UMP

Officiellement, l’UMP ne dispose pas de sondages internes. Et officiellement encore, l’équipe de Nicolas Sarkozy s’est abstenue de commander toute enquête d’opinion sur la popularité de l’ancien chef de l’Etat auprès des 268 000 militants appelés à voter via Internet. En privé, ses collaborateurs sont en revanche formels: leur candidat devrait rafler entre «70 et 80% des voix», reléguant à une lointaine distance ses deux adversaires, Bruno Le Maire et Hervé Mariton.

Haute autorité

A l’appui de leurs chiffres? Des études faites auprès des «sympathisants», a priori moins sarkozystes que les adhérents dont le nombre a été arrêté en juin par la haute autorité du parti chargée des élections. «70%, c’est le seuil symbolique, explique Philippe Juvin, député européen et membre du premier cercle du candidat. En dessous, ce sera plus compliqué.» A l’inverse, être contraint à un second tour le 6 décembre, comme les statuts de la formation le prévoient, serait un scénario cauchemardesque.

La question du score, qui sera connu samedi soir à 20 heures, est en effet cruciale à tous égards. Du point de vue des fractures internes, plus vives que jamais compte tenu des tensions entre François Fillon et l’ancien locataire de l’Elysée, et de l’accueil turbulent réservé par les militants UMP à Alain Juppé à Bordeaux, seul un vote massif en faveur de Nicolas Sarkozy peut permettre à ce dernier d’asseoir son autorité, écorchée sérieusement par les affaires judiciaires. Et côté politique, une nette avance lui est nécessaire pour se poser en «rassembleur» et imposer la refondation qu’il a promise depuis son retour dans l’arène en septembre: changement de nom du parti, nouvel organigramme, nouveaux thèmes de campagne.

S’il est élu, Nicolas Sarkozy sera toutefois attendu en priorité sur un terrain: celui des primaires présidentielles qu’il jure vouloir organiser en 2016, après s’y être opposé. Elles devront être «ouvertes» aux non-adhérents car, sinon, Alain Juppé a dit ouvertement qu’il n’y participerait pas. Or qui dit ouverture dit risques accrus. A l’UMP samedi soir, après plus de 60 meetings à travers la France en un mois et demi, Sarko 2 passe son test d’autorité, de popularité et de crédibilité.