Nicolas Sarkozy a retrouvé son rythme de croisière. Celui d'une campagne électorale permanente, faite de déplacements en province, d'odes à la «France qui se lève tôt» et de coups de pouce plus ou moins appuyés au pouvoir d'achat, sujet de grogne numéro un de ses concitoyens. «J'avais envie de parler à la France qui travaille» et qui «ne manifeste pas», a expliqué le président mardi matin lors d'un entretien à la radio RTL. Plus tôt - très tôt -, il s'était rendu avec son épouse Carla sur le marché de gros de Rungis, près de Paris. Objectif: goûter des fromages, féliciter les commerçants et retrouver le contact avec les «milieux populaires» dont la désaffection explique en bonne partie sa chute dans les sondages.

Slogan repris

Sur ce plan, il y a un léger mieux. Comme l'espéraient ses conseillers, Nicolas Sarkozy a cessé de plonger, même si sa cote de popularité reste basse (entre 33 et 35%). Le fait que l'opposition socialiste se déchire entre pro et anti-Ségolène Royal lui offre une bonne occasion de revenir dans le jeu politique. Surtout, la croissance économique a été plus forte qu'attendu en 2007 - 2,2% - et au début de l'année 2008.

«Ce qui compte, c'est que cela marche et que nous allons continuer à encourager les gens à travailler plus pour gagner davantage», a lancé le président lundi en reprenant, presque mot pour mot, le «travailler plus pour gagner plus» qui fut le slogan fétiche de sa campagne présidentielle.

Pour accélérer le mouvement, Nicolas Sarkozy vient de dévoiler plusieurs mesures: incitations fiscales pour les entreprises qui redistribueront des bénéfices aux salariés et création d'un fonds d'aide aux professions frappées de plein fouet par la hausse des prix du pétrole, comme les pêcheurs. Il espère aussi convaincre l'Union européenne de plafonner la TVA sur les carburants.

La Commission de Bruxelles, qui doit adresser ce mercredi à la France une mise en garde sur ses déficits, a aussitôt condamné cette idée. Selon elle, un tel dispositif enverrait un «mauvais signal» aux pays producteurs, qui seraient encouragés à augmenter leurs prix, et aux consommateurs, qui deviendraient moins économes en essence.

Par cet activisme renouvelé, après le relatif effacement des derniers mois, Nicolas Sarkozy a-t-il inventé la campagne électorale sans élections? «Ce qui est sûr, c'est qu'il est l'hyperprésident, qu'il n'a jamais cessé de l'être et qu'il le sera jusqu'à la fin de son mandat, répond le politologue Roland Cayrol. Mais dans l'immédiat, ça ne va rien changer. L'opinion reste dans le doute, elle attend de voir les résultats.»