L’attaque a touché Azaya Kura, un village de la région de Mafa, dans l’Etat de Borno, a déclaré le président par intérim du district de Mafa, Shettima Lawan, dénonçant un acte «ignoble».

«Nous avons compté 45 cadavres à la fin de l’attaque», a précisé le chef du village, Mallam Bulama. Des habitants, à l’instar de Jabiru, assurent toutefois que d’autres «sont morts dans la brousse après avoir perdu leur sang à cause de blessures par balle».

Musa Abbani, un commerçant qui s’est réfugié à Maiduguri, a ajouté: «les assaillants ont détruit plus de la moitié des maisons de notre village, mis le feu à plus de cinquante motos et à quatre voitures avant de partir avec des vivres et des bêtes».

Cinquante personnes auraient été blessées, selon des témoins, rapportant que les islamistes avaient bouclé le village pour tenter d’empêcher les habitants de s’enfuir.

Appel au gouvernement

Mafa, qui se trouve à une cinquantaine de km à l’est de Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno, et ses environs ont été visés à plusieurs reprises par des attaques du groupe islamiste armé.

M. Lawan, s’est rendu sur les lieux jeudi sous haute sécurité. «Je cherche toujours la raison de cette tuerie de masse et des destructions commises par des gens sous le prétexte d’une religion», a-t-il lancé. Il a en outre appelé «le gouvernement fédéral à prendre des mesures urgentes et à sauver notre population d’une disparition imminente».

Le 26 octobre, des combattants présumés de Boko Haram ont enlevé à Mafa une trentaine d’adolescents, des garçons et des filles, certains âgés de seulement 11-13 ans. Des habitants se sont plaints d’attaques quasi quotidiennes qui en ont forcé beaucoup à fuir.