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Emmanuel Macron et François de Rugy.
© REUTERS / PHILIPPE WOJAZER

International

En nommant François de Rugy à la Transition écologique, Emmanuel Macron s’enlise

COMMENTAIRE. En démissionnant, Nicolas Hulot espérait créer un électrochoc. Son remplacement par François de Rugy est un non-événement qui confirme surtout l’enlisement précoce d’Emmanuel Macron

Nicolas Hulot a donc eu bien raison de quitter le gouvernement français. L’annonce, ce mardi, de son remplacement par le président de l’Assemblée nationale, l’ex-élu écologiste François de Rugy, confirme en effet le pire: l’enlisement du quinquennat Macron dans les calculs politiciens, et la marginalisation du parlement par l’exécutif.

Lire aussi la revue de presse: Emmanuel Macron: après son «été meurtrier», l’heure de la décision

L’ancien animateur de télévision démissionnaire avait apporté, au lendemain de l’élection présidentielle de mai 2017, l’ambition d’un virage réel en matière de politique économique et énergétique au sein de l’équipe Macron. Son successeur, homme d’appareil, élu de l’ouest (Loire-Atlantique), ancien président du groupe vert à l’Assemblée avant de rejoindre la majorité macronienne et d’être élu président de la chambre des députés en 2017, est avant tout un tacticien. Oubliée, la vision. Oublié, l’élan. Oubliée, la volonté de s’imposer face aux «lobbys».

Place à la gestion des dossiers au jour le jour. Avec, en plus, un message problématique sur l’équilibre des pouvoirs en France: préférer au bout d’un an être ministre plutôt que demeurer président de l’Assemblée, quatrième personnage de l’Etat, en dit long sur l’incapacité du pouvoir parlementaire à exister sous la Ve République, version Jupiter-Macron…

La nouvelle dynamique se fait attendre

Le choix de François de Rugy souffre en plus de deux autres handicaps. Le premier est que l’intéressé, qui a pour lui sa connaissance du terrain électoral, apparaît déjà comme un ministre de la Transition écologique et solidaire par défaut, après les renoncements claironnés dans les médias du vétéran Daniel Cohn-Bendit et du directeur général du WWF France, Pascal Canfin.

Second handicap: sa nomination n’intervient pas dans le cadre d’un remaniement ministériel large, qui aurait pu insuffler une nouvelle dynamique. Le remplacement de la ministre des Sports, l’escrimeuse Laura Flessel, par l’ex-nageuse Roxana Maracineanu n’a d’autre valeur politique que de mettre fin aux gaffes répétées de l’ex-championne du monde d’épée. Selon Mediapart et Le Canard enchaîné, son départ serait dû à des démêlés fiscaux. Le maintien à son poste de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, confirme ce surplace. L’éditrice, ex-patronne des Editions Actes Sud, n’a pas réussi à imposer sa marque, tant s’en faut, sur ce secteur clé pour l’image de la France et de son gouvernement. Mais le chef de l’Etat n’a sans doute pas voulu la lâcher alors que son entreprise fait face à des accusations de malversations foncières et que la justice la talonne.

Seul face à ses concitoyens

Emmanuel Macron est-il en rade? Son quinquennat réformateur est-il déjà en panne? Non, si l’on regarde le nombre et l’importance des réformes en cours et annoncées, comme celle sur les retraites prévue pour 2019. Non, puisque sa confortable majorité parlementaire lui garantit une adoption systématique, sans ciller, des projets de loi. Mais sur le plan politique, et du point de vue de l’opinion publique, la situation n’a plus rien à voir avec celle d’il y a un an et demi, lors de son accession à l’Elysée.

La cote de popularité du président avoisine les 30%. Son premier ministre, Edouard Philippe, et le ministre des Finances, Bruno Le Maire, font résolument pencher la balance économique à droite. Le projet de mise en œuvre d’imposition à la source sur le revenu – une décision est attendue ces jours-ci – est devenu un dossier à risque pour l’exécutif. Bref, les réformes continuent. L’agenda des changements reste bien rempli. Mais plus personne, hormis le président, n’est capable de les porter et de les incarner, alors que son isolement en Europe s’accroît à moins d’un an des élections européennes de mai 2019.

Emmanuel Macron s’est fait élire l’an dernier seul contre les partis. Dix-huit mois plus tard, l’équation est aussi simple que périlleuse: le jeune chef de l’Etat français préside et gouverne plus que jamais seul face à ses concitoyens, avec lesquels les liens se sont sérieusement distendus.

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