Selon le chef de la police du comté de Saint-Louis Jon Belmar les forces de l’ordre ont été la cible de nombreux tirs – 150, selon son propre décompte – qui n’ont pas fait de victime.

Les policiers, qui avaient reçu des renforts de la Garde nationale et du FBI, ont riposté à coups de gaz lacrymogènes, matraques, et grenades aveuglantes pendant que dans certaines rues se déroulaient de véritables batailles rangées au coeur de cette banlieue de Saint-Louis, sillonnée par des véhicules blindés.

De nombreux commerces ont été pillés, des véhicules et bâtiments incendiés. A 02H30 locales, douze immeubles étaient en flammes, a précisé Jon Belmar, lors d’une conférence de presse. 29 manifestants ont été arrêtés.

Le gouverneur du Missouri Jay Nixon, qui avait décrété l’état d’urgence dans la crainte de violences, a demandé de nouveaux renforts de la garde nationale.

Les tweets en provenance de Ferguson montrent que la violence se poursuit.

■ Le discours d’Obama. Plusieurs chaînes de télévision ont choisi de montrer en même temps les manifestations dans le Missouri et le discours de Barack Obama. La juxtaposition montrait une amplification de la violence alors même que le président appelait au calme.

■ Ferguson. La police cible de nombreux tirs, et une douzaine d’immeubles ont été incendiés, a fait savoir le chef de la police vers 03h00 du matin, heure locale (09h00, heure suisse). De violentes échauffourées et des pillages ont éclaté lundi soir dans la petite ville américaine du Missouri, après la décision d’un grand jury populaire de ne pas poursuivre un policier blanc qui a tué cet été un jeune Noir sans arme.

«Pas de justice, pas de paix», ont scandé des manifestants en colère après l’exonération du policier Darren Wilson, malgré les appels au calme lancés par le président Barack Obama et la famille du jeune Noir Michael Brown.

«Arrêtez de lancer des pierres», a crié un policier à l’adresse des manifestants massés dans les rues de Ferguson. Des vitrines étaient brisées et les nombreuses caméras de télévision montraient des voitures en feu dans cette banlieue de Saint-Louis, où de graves émeutes raciales avaient déjà éclaté en août après la mort de Michael Brown, abattu en plein jour de six balles par un policier.

Après trois mois de délibérations, le procureur du comté de St Louis a annoncé que l’agent de police ne serait pas inculpé, comme l’espérait la communauté noire.

■ New York. Dès l’annonce de la décision du grand jury, quelques centaines de manifestants ont convergé sur Times Square à New York, avec des panneaux noirs affirmant «le racisme tue», «nous ne resterons pas silencieux» et dénonçant «le racisme de la police». «Pas de justice pas de paix», scandaient des protestataires, dont le flot a grossi au fil des heures. D’autres comparaient la police au Ku Klux Klan, ou tenaient des propos grossiers à son encontre, a constaté une journaliste de l’AFP.

La police était omniprésente avec un hélicoptère qui survolait également la place la plus célèbre du monde. Bill Bratton, le chef de la police new-yorkaise, avait fait le déplacement à Times Square, où quelqu’un lui a lancé un liquide rouge à la figure.

Un autre groupe de manifestants s’est rassemblé à Union Square, plus au sud de Manhattan, tandis qu’un troisième avait prévu de rejoindre Harlem à pied, remontant la 7e avenue à vive allure derrière une pancarte réclamant «justice pour Michael Brown», le jeune de 18 ans tué par balles à Ferguson en août.

■ Washington. Plusieurs centaines de protestataires se sont aussi réunis devant la Maison-Blanche, scandant «les mains en l’air, ne tirez pas», le slogan devenu cri de ralliement des manifestants depuis le drame. Ils arboraient des pancartes «arrêtez la terreur raciste de la police», ou «la vie des Noirs compte», a constaté le correspondant de l’AFP à la Maison-Blanche. Le cortège semblait se diriger vers le Capitole.

■ D’est en ouest. Des manifestations – largement préparées à l’avance, tant la décision du grand jury s’est fait attendre – ont également eu lieu à Boston, Los Angeles, Philadelphie, Denver, Seattle, Oakland (Californie), où des manifestants ont bloqué une autoroute, Chicago ou même Salt Lake City: dans les premières heures, aucun incident grave n’a été signalé en dépit de la tension.

La décision du grand jury populaire de ne pas intenter de poursuite à l’encontre du policier Darren Wilson avait été annoncée dans une conférence de presse en début de soirée.

Le président Barack Obama avait alors lancé depuis la Maison-Blanche un appel au calme. «Nous sommes une nation fondée sur le respect de la loi», avait-il souligné, appelant tous ceux contestant la décision à le faire «de manière pacifique». Il avait souligné que la famille de Michael Brown avait elle-même appelé à éviter toute violence.