Au moins 12 civils ont été tués dans un double attentat dans la nuit de mercredi à jeudi dans l’Extrême-Nord du Cameroun, a rapporté le gouvernement, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) faisant pour sa part état jeudi soir de 16 civils tués.

«Au total 14 personnes, dont deux kamikazes, ont perdu la vie et 35 personnes ont été blessées dans ce double attentat», selon le communiqué du gouvernement camerounais lu au journal télévisé de 17 heures (18 heures en Suisse).

Joint par l’AFP jeudi à 20h30 locales depuis Yaoundé, MSF compte pour sa part 16 civils décédés et 44 blessés, une nouvelle personne ayant succombé à ses blessures à l’hôpital depuis le dernier bilan de l’ONG à 16 heures.

Ce double attentat a frappé dans la nuit de mercredi à jeudi la localité de Waza, ville de transit située entre Maroua et Kousseri, à la frontière du Nigeria. Dans l’Extrême-Nord du Cameroun, les attaques attribuées aux djihadistes nigérians de Boko Haram sont fréquentes.

Une région enclavée à cause du djihadisme

Deux kamikazes se sont introduits mercredi dans un lieu très fréquenté où se trouvent «des restaurants, des call boxes (cabines téléphoniques de fortune), des buvettes» et se sont fait exploser «vers 22h30» (23h30 en Suisse), avait indiqué à l’AFP plus tôt jeudi un responsable administratif de Waza, sous couvert d’anonymat. «La situation de certains blessés est assez grave», avait-il ajouté, précisant que la plupart d’entre eux ont été transférés dans la ville de Mora (Extrême-Nord). Les blessés qui exigeaient des soins chirurgicaux ont eux été emmenés à l’hôpital de Maroua (Extrême-Nord), selon MSF.

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La menace sécuritaire due aux violences et attentats attribués au groupe djihadiste nigérian Boko Haram dans le nord du Cameroun contribue à enclaver la région. Autrefois très fréquentés par des touristes, Waza et son parc national ont perdu leur attractivité. En 2014, dix ouvriers chinois avaient été enlevés dans la ville lors d’une attaque attribuée à Boko Haram. Ils avaient été libérés au bout de près de cinq mois de captivité.