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Notre-Dame: lancement d’un concours d’architecture et polémique sur les dons

Le premier ministre français Edouard Philippe annonce le lancement d’un concours pour déterminer s’il faut reconstruire la flèche de la cathédrale. Pendant ce temps, les annonces de donations se multiplient, suscitant des critiques

Un concours international d’architecture va être lancé pour la reconstruction de la flèche de Notre-Dame, détruite dans l’incendie qui a ravagé lundi la cathédrale, a annoncé mercredi le premier ministre français Edouard Philippe.

Le concours «permettra de trancher la question de savoir s’il faut reconstruire une flèche à l’identique ou s’il faut une nouvelle flèche adaptée aux techniques et aux enjeux de notre époque», a-t-il annoncé, à l’issue d’un conseil des ministres consacré exclusivement à la reconstruction de la cathédrale.

La flèche du XIXe siècle de Viollet-Leduc, haute de 93 mètres, construite en bois et recouverte de plomb, s’est effondrée dans l’incendie, une image qui a marqué les esprits.

Une «loi Notre-Dame» en projet

Ce concours sera inscrit dans un projet de «loi Notre-Dame», donnant un cadre légal à la souscription nationale pour la reconstruction, et prévoyant également des réductions d’impôt majorées.

Le projet de loi accordera aux particuliers qui effectueront un don «une réduction de leur impôt sur le revenu de 75% jusqu’à 1000 euros et de 66% au-delà». Les entreprises, elles, bénéficieront des réductions d’impôts habituelles pour le mécénat, a précisé le Premier ministre. Il a précisé que le coût total du chantier, que le chef de l’Etat veut voir achevé dans les cinq ans, n’était pas encore évalué.


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Les appuis financiers prévus font polémique

Plusieurs partis ont dénoncé mercredi «l’opération de communication» de grandes entreprises et grosses fortunes qui annoncent des dons très importants pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris.

«On ne peut pas faire de la préservation de notre patrimoine une grande opération de communication comme certains sont en train de faire», a accusé sur LCI Manon Aubry, tête de liste de la France Insoumise (LFI) aux élections européennes, dénonçant «une espèce de course à l’échalote de l’entreprise qui donnerait le plus tout en revendiquant l’exonération d’impôt». «J’ai impression d’avoir le classement des entreprises présentes et des personnes présentes dans les paradis fiscaux», a-t-elle ironisé.

«Le plus simple, ce serait déjà qu’ils commencent par payer leurs impôts, ils ne peuvent pas se payer une opération de communication en mettant leur nom potentiellement sur une pierre de Notre-Dame et de l’autre côté, ne pas payer leurs impôts», a-t-elle critiqué.

Face à un chantier qui s’annonce colossal, plusieurs grandes fortunes françaises ont sorti leur carnet de chèques depuis lundi: la famille Pinault a promis 100 millions d’euros, suivie par le groupe LVMH et la famille Arnault, première fortune de France, qui a annoncé un don de 200 millions, puis la famille Bettencourt-Meyers et le groupe L’Oréal (200 millions).

La famille Pinault renoncera à ses réductions

La famille Pinault a toutefois annoncé dans un communiqué mercredi renoncer à sa réduction d’impôt. Depuis une loi de 2003, les entreprises qui investissent dans la culture peuvent déduire 60% de leurs dépenses en faveur du mécénat (66% de réduction d’impôt sur le revenu pour les particuliers).

«La bonne conscience ne cache pas la misère et l’austérité», a dénoncé sur Twitter Benjamin Cauchy, figure des «gilets jaunes» sur la liste de Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France).

«Les milliardaires vont passer pour des héros. Ils feraient mieux de renoncer à l’évasion et à l’optimisation fiscales", a critiqué la sénatrice Europe Ecologie Les Verts Esther Benbassa.

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a lui salué «une formidable mobilisation pour Notre-Dame-de-Paris». «Mais j’aimerais qu’il y ait maintenant une mobilisation équivalente pour ces millions de femmes, d’hommes, d’enfants, de familles qui sont à eux tous une cathédrale humaine qu’il faut aussi protéger», a-t-il dit.

Le premier vice-président de Les Républicains Guillaume Peltier a balayé la polémique d’un revers de main. «Si on pouvait dans ces moments importants cesser les vaines querelles. On a besoin de tout le monde», a-t-il souligné.

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