Ce Noël-là marquera le début de la résurrection de Notre-Dame de Paris. Lorsque la grande grue de 90 mètres acheminée depuis quelques jours au pied de la cathédrale se mettra en action, ce 26 décembre, le signal sera clair: place, maintenant, au chantier de reconstruction après des mois de déblaiement, consolidation, nettoyage et autres inventaires, pilier par pilier et pierre par pierre. Première étape? Le démontage, par des cordistes juchés sur des nacelles, de l’échafaudage d’acier qui continue aujourd’hui de surmonter sa toiture temporaire dans le ciel parisien…

Quel symbole, en effet, que ce squelette de métal tordu, écartelé, chauffé à blanc le 15 avril par des flammes hautes de plus de 30 mètres… et pourtant toujours en place! En novembre dernier, plusieurs pompiers déployés le soir du sinistre sur la coursive entre les deux tours nord et sud de la façade ont voulu revoir de près ce «monstre» de métal qui, lors de l’intervention contre le feu, menaçait alors de s’effondrer. La caporale Myriam C., seule femme du premier peloton envoyé à l’assaut du «dragon» n’a pas pu retenir ses larmes. Elle raconte: «Ses poutres d’acier nous narguaient. Nous savions tous que leur chute, après celle de la flèche dévorée par les flammes, survenue vers 19h30, aurait des conséquences incalculables», confie-t-elle dans La Nuit de Notre-Dame par ceux qui l’ont sauvée (Ed. Grasset). Mais l’échafaudage a tenu.