Incendie

Notre-Dame de Paris en flammes, la France bouleversée

Il était environ 18h50 lorsque les flammes ont commencé à dévorer la cathédrale Notre-Dame de Paris, au deuxième jour de la Semaine sainte. La célèbre flèche de l’édifice puis la toiture se sont écroulées. La France entière est sous le choc. Emmanuel Macron a renoncé in extremis à son intervention télévisée 

Informations en temps réel

Le feu est partiellement éteint, et maîtrisé (à 3h40)

L'incendie est «maîtrisé», ont annoncé mardi les pompiers après plusieurs heures à lutter contre des flammes. La structure de l'édifice a pu être sauvée. «Le feu est partiellement éteint, il reste des foyers résiduels à éteindre», a expliqué le porte-parole des pompiers de la capitale française. Il aura fallu plusieurs heures à 400 pompiers pour venir à bout des flammes qui leur ont fait craindre à un moment de «voir la structure s'effondrer».

Malgré tout, le «bilan matériel est dramatique», a affirmé le porte-parole: «L'ensemble de la toiture est sinistré; l'ensemble de la charpente est détruit; une partie de la voûte s'est effondrée; la flèche n'existe plus». Outre la flèche qui surplombait ce joyau gothique, les vitraux centenaires ont été détruits.

Allocution d'Emmanuel Macron

Le président de la République poursuit son allocution : «Cette histoire c'est la nôtre, alors elle brûle. Mais je veux avoir un mot d'espérance. Cette espérance, c'est la fierté que nous devons avoir, de tous ceux qui se sont battus pour que le pire n'advienne pas. Cette cathédrale, il y a plus de 800 ans, nous avons su l'édifier et, à travers les siècles, la faire grandir et l'améliorer. Cette cathédrale, nous la rebâtirons tous ensemble». Demain «une souscription nationale sera lancée et nous ferons appel aux plus grands talents», a-t-il ajouté. «Nous rebâtirons Notre-Dame», a martelé Emmanuel Macron.

La structure de Notre-Dame de Paris «est sauvée et préservée» (informations mises à jour le lundi 15 avril 2019 à 23:15) 

Les pompiers français, qui tentent depuis plusieurs heures de maîtriser le violent incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ont réussi à sauver la «structure» de l'édifice «dans sa globalité», a déclaré leur chef sur place. Des reliques ont également pu être sauvées.

«On peut considérer que la structure de Notre-Dame est sauvée et préservée dans sa globalité», a indiqué le commandant de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris. «Le feu a baissé en intensité», a renchéri à ses côtés le secrétaire d'Etat français à l'intérieur Laurent Nuñez, tout en invitant à rester «extrêmement prudent».

A l'intérieur du bâtiment, la couronne d'épines et la tunique de Saint-Louis, deux objets importants pour les catholiques, ont été «sauvés» des flammes, a pour sa part indiqué Mgr Patrick Chauvet, recteur de la cathédrale.

La couronne d'épine est, selon la croyance des catholiques, celle que les soldats romains auraient posé sur la tête de Jésus pour se moquer de lui peu avant sa crucifixion.

Une collecte de fonds 

L'ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon a estimé lundi soir qu'il fallait «déjà penser à la reconstruction de Notre Dame» et suggéré que l'Etat permette que les dons qui seront versés bénéficient d'une réduction d'impôt de 90%.

Face à «l'incendie tragique» de la cathédrale, «la volonté de générosité est considérable», a-t-il déclaré à l'AFP. «La République française doit prendre une mesure exceptionnelle».

«Il faut que l'Etat fasse rapidement voter une loi faisant de Notre Dame un +Trésor national+ afin que les dons versés pour sa reconstruction bénéficient de la réduction d'impôt de 90% prévue dans ce cas par la loi de 2003 sur le mécénat», a poursuivi M. Aillagon, auteur de cette loi.

«J'aimerais que la France engage très rapidement cette restauration. C'est presque une question de dignité nationale», a ajouté le directeur général de la collection Pinault.

De son côté, La Fondation du patrimoine va lancer mardi une «collecte nationale» pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris qui était en proie aux flammes lundi soir, a-t-elle annoncé dans un communiqué à l'AFP.

«Cette collecte sera accessible le mardi 16 avril à partir de midi sur le site www.fondation-patrimoine.org» a précisé la fondation.

Le sauvetage de Notre-Dame «n'est pas acquis»

Le sauvetage de Notre-Dame «n'est pas acquis» malgré la mobilisation de quelque 400 pompiers, a indiqué sur place le secrétaire d'Etat à l'Intérieur. La cathédrale est en proie à un violent incendie depuis près de 19h00 lundi.

«Au moment où on se parle (21h40, ndlr) l'incendie n'est pas circonscrit», a déclaré Laurent «Les sapeurs-pompiers attaquent cet incendie avec 18 lances à incendie, depuis l'extérieur mais aussi depuis l'intérieur, pour tenter de sauver cet édifice, ce qui à l'heure actuelle n'est pas acquis».

Un violent incendie, dont les origines sont encore inconnues, s'est déclaré peu avant 19H00 dans la mythique cathédrale parisienne, dont la flèche s'est effondrée.

«Deux-tiers de la toiture»

«Le feu intéresse les deux-tiers de la toiture, qui s'est effondrée, ainsi que la flèche. Actuellement la manoeuvre vise à préserver l'arrière de la cathédrale, où sont situées les oeuvres les plus précieuses, que nous sommes en train d'évacuer. Les oeuvres les plus précieuses ont été mises à l'abri», a déclaré le général Jean-Claude Gallet, commandant de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, également présent sur place.

«La seconde manoeuvre concerne le beffroi nord, avec le risque d'effondrement des bourdons (cloches à son grave ndlr). Si les bourdons s'effondrent c'est l'effondrement de cette tour», a-t-il ajouté. «On n'est pas sûr de pouvoir enrayer la propagation au beffroi nord. Si celui-ci s'effondre, je vous laisse imaginer l'ampleur des dégâts», a-t-il poursuivi.

Des drones et un robot

Par la porte principale, dans la nef plongée dans l'ombre, on voyait des braises rougeoyantes chuter au sol. Les pompiers ont envoyé des drones survoler le monument et un robot est entré à l'intérieur, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le parvis était vide, bouclé par des camions de pompiers tout autour. Une grand échelle a été dressée devant la rosace, selon la même source.

Informations tirées de l'AFP et l'ATS


Notre-Dame de Paris en flammes, la France bouleversée

L’image restera à coup sûr comme le symbole d’une France dévastée et bouleversée en ce deuxième jour de la Semaine sainte: il était un peu moins de 20h lorsque la célèbre flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris s’est écroulée, assaillie par des flammes hautes de plusieurs dizaines de mètres, emportant avec elle une partie de la toiture du monument le plus visité d’Europe. La nuit s’est refermée au-dessus du transept, du chœur et de la nef, désormais à ciel ouvert, dans un impressionnant brouillard de fumée, après l’évacuation sans victimes des personnes encore présentes à l’intérieur du bâtiment au moment du déclenchement de l’incendie.

Quelques minutes plus tôt, Emmanuel Macron avait annoncé l’annulation de l’intervention télévisée prévue, considérée comme le tournant de sa présidence, pour se rendre immédiatement sur place en compagnie de son épouse, après avoir fait part de l’émotion de «tous les Français». Une allocution présidentielle enregistrée vers 18 h dont le contenu, préalablement diffusé aux médias français, s’est retrouvé littéralement balayé, comme anéanti. 

Lire aussi:  Stupéfait, le monde voit brûler la cathédrale Notre-Dame de Paris

Des vitraux vulnérables

Une heure a suffi pour que le plus grand incendie de l’histoire de l’édifice dévore la charpente qui, depuis plusieurs semaines, était en rénovation, comme l’attestait la présence d’échafaudages à l’arrière du bâtiment. Effro­yable soirée. Scène irréelle de cette forêt de poutres séculaires dévorées par le brasier. Voici quelques jours, 16 statues avaient été déplacées pour être restaurées, enlevées par des grues placées au-dessus des toits, comme en suspens sur l’île de la Cité. Les saintes huiles et le saint chrême de Pâques devaient être bénis ce mercredi sous sa voûte de pierre par l’archevêque de Paris Michel Aupetit, installé dans ses fonctions en janvier 2018.

La priorité des 400 pompiers dépêchés sur place dans une cohue de véhicules de secours: évacuer les œuvres d’art, le «trésor» entreposé dans la crypte, les toiles de maître et le mobilier, et protéger les deux tours principales de 69 mètres, ainsi que l’immense rosace de la façade, menacée par l’incendie le plus grave de la capitale française depuis celui de l’Hôtel de ville de Paris, le 24 mai 1871, lors de la Commune. Vers 21h, des flammes sur la façade faisaient craindre le pire. Le sort des vitraux restait inconnu. Que restera-t-il par exemple de la fameuse voûte, qui avait résisté aux révolutionnaires lors des événements de 1789? 

Tout autour: des milliers de badauds, parisiens et touristes, stupéfaits de ce qui restera sans doute à jamais gravé dans leur mémoire. Sur le pont des Arts, entre le Louvre et l’Académie française, une odeur âcre de cendres portées par le vent. Une foule compacte, où les larmes se mêlent aux cris à chaque fois que les flammes s’élèvent au-dessus du bâtiment, tandis que les citernes des pompiers puisent l’eau dans la Seine, qui a vu naître ce joyau de l’esprit humain constellé de gargouilles.

Les chaînes de télévision du monde entier ont interrompu leurs programmes. Donald Trump, Angela Merkel et tout ce que la planète compte de dirigeants multiplient les messages de solidarité sur les réseaux sociaux. Impossible de faire intervenir des bombardiers d’eau, comme le suggérait sur Twitter le président américain, car cela risquerait de fragiliser les structures.

Seules les lances à incendie peuvent intervenir, à partir des murs laissés intacts par les flammes. Une prouesse humaine pour les soldats du feu. Le symbole est unique, terrifiant, impressionnant: celui d’une France et d’une chrétienté blessée en ce deuxième jour de la Semaine sainte.

Une multitude d’agressions

Le déroulement de cette funeste soirée sera disséqué, étudié dans ses moindres détails, après l’ouverture immédiate lundi soir d’une enquête par le parquet de Paris. S’agit-il, à nouveau, du résultat malheureux d’un court-circuit comme celui qui causa, en 2013, l’incendie de l’hôtel Lambert, propriété parisienne de la famille Rothschild, lors de travaux de réfection? Est-il possible d’imaginer l’impensable, à savoir un acte malveillant comme celui qui a causé, le 17  mars, un début d’incendie à l’église Saint-Sulpice, autre lieu de culte emblématique de la capitale française?

Les flammes qui ont rongé l’un des portails de l’édifice provenaient d’un feu «non accidentel» mis à un paquet de vêtements. Depuis plusieurs semaines, des collectifs de fidèles catholiques avaient également recensé en France une multiplication des agressions contre des églises. L’archevêché de Paris prévoyait, lors des célébrations pascales, de faire de nouveau sonner le bourdon de Notre-Dame en hommage aux victimes des actes terroristes commis dans l’Hexagone et à travers le monde, comme cela avait été fait le 7  janvier 2019, après l’attaque contre Charlie Hebdo, puis lors de la nuit fatidique des attentats du 13  novembre 2015.

«Chaque flot du temps y superpose son alluvion, chaque race y dépose sa couche, chaque individu y apporte sa pierre.» Cette phrase est de Victor Hugo, dans son grand roman épique Notre-Dame de Paris écrit en 1831. Une œuvre à l’image de ce monument géant dont l’écrivain magnifia les gargouilles, ces parties saillantes des gouttières destinées à évacuer les eaux de pluie. Hier, le feu a eu sans doute raison de ces figures d’animaux monstrueux, créatures légendaires, symboles de l’art gothique porté à son pinacle.

Le temps de la politique s’est subitement arrêté hier soir. Un mot d’ordre déjà, donné par la maire Anne Hidalgo: «Tous unis derrière le patrimoine.» Dans la nuit tombée sur sa cathédrale défigurée, les flammes continuaient de brûler le cœur d’une capitale et d’un pays dont l’âme rimera à jamais avec Notre-Dame de Paris.

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