La junte militaire au pouvoir en Birmanie a demandé au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de quitter les régions frontalières du pays et a refusé à l'organisation de reprendre les visites de prisons, a annoncé lundi le siège à Genève.

Le CICR déclare dans un communiqué «déplorer profondément» la décision des autorités birmanes de fermer cinq de ses bureaux sur le terrain à Mandalay, Mawlamyine, Hpa-an, Taunggyi et Kyaing Tong. La junte est aux prises avec des guérillas ethniques dans de nombreuses régions frontalières du pays. «Les autorités birmanes ont également annoncé que le CICR ne sera pas autorisé à reprendre les visites aux prisonniers», ajoute le communiqué.

Ces décisions vont de fait arrêter la majorité des actions d'assistance et de protection de la Croix-Rouge en faveur des personnes les plus vulnérables en Birmanie, plus particulièrement les détenus et ceux qui vivent dans les régions frontalières, a déploré le CICR.

«Nous avons eu durant des années des discussions productives avec le gouvernement birman et, depuis 1999, notre travail a eu un impact concret sur les conditions de vie et de sécurité des populations», a regretté Pierre Kraehenbuehl, le directeur des opérations du CICR.

La junte militaire a mis un terme en décembre 2005 aux visites du CICR dans les prisons lorsque l'organisation humanitaire a refusé la demande des autorités que ses représentants soient accompagnés par des organisations affiliées au gouvernement. La junte est toujours en pourparlers avec le CICR sur la question de la reprise des visites aux détenus.

L'ONU estime que plus de 1100 prisonniers politiques sont détenus en Birmanie, dont la lauréate du Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi qui est assignée à résidence. Le CICR, qui a 264 personnes déployées dans le pays, dont 24 expatriés, a pu rencontrer deux fois l'opposante depuis 1999.

Washington veut une résolution

L'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, John Bolton, a de son côté annoncé son intention d'introduire au Conseil de sécurité un projet de résolution qui qualifierait la politique de la junte militaire au pouvoir en Birmanie de «menace» pour la paix et la sécurité régionale. Il s'exprimait à l'issue de consultations sur la Birmanie au cours desquelles le Conseil de sécurité a entendu un rapport du secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des Affaires politiques, Ibrahim Gambari, sur une visite de quatre jours qu'il a récemment effectuée dans ce pays.