Le gouvernement iranien a affiché lundi sa détermination à ne pas reculer sur son programme nucléaire, en annonçant la levée des scellés et la reprise d'activités liées à l'enrichissement industriel d'uranium à l'usine de Natanz (centre) avant une réunion de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) le 6 mars. Téhéran a aussi annoncé le report des négociations, prévues pour le 16 février avec Moscou, sur un plan russe d'enrichissement d'uranium iranien en Russie. Un haut diplomate russe a aussitôt affirmé que son pays restait prêt à accueillir une délégation iranienne jeudi.

Scellés levés

«L'Iran a introduit du gaz dans des centrifugeuses», a dit un diplomate. Téhéran a également annoncé la levée imminente des scellés et des caméras de surveillance de l'AIEA dans ses sites nucléaires. «Aujourd'hui ou demain, les douze inspecteurs de l'AIEA, qui sont arrivés récemment en Iran, vont lever les scellés de l'usine de Natanz et d'une partie des installations de conversion d'Ispahan pour permettre techniquement la reprise de leurs activités», a affirmé une source bien informée, citée par l'agence semi-officielle Fars.

L'Iran a affiché ainsi sa défiance à l'égard de l'agence onusienne, qui a décidé le 4 février d'informer le Conseil de sécurité des Nations unies du dossier iranien tout en demandant à l'Iran de suspendre ses activités liées à l'enrichissement.

Samedi, le président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad a menacé implicitement de quitter le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Un tel geste soustrairait l'Iran à tout contrôle de ses activités par l'AIEA. Dans un entretien accordé au quotidien américain USA Today, et publié lundi, le président estime que son pays peut surmonter d'éventuelles sanctions. Il a souligné que «ceux qui veulent» en imposer à l'Iran ont «plus» à perdre que son pays.