L'édition pilote d'un nouveau quotidien indépendant russe, lancé par les journalistes exilés du journal d'opposition Novaïa Gazeta est arrivé vendredi dans les kiosques en Lettonie.

Le journal Novaïa Gazeta, dirigé par le prix Nobel de la Paix Dmitri Mouratov, a annoncé fin mars suspendre ses publications en ligne et au format papier en Russie jusqu'à la fin de l'intervention en Ukraine, en plein durcissement du Kremlin contre les voix dissonantes.

Lire finalement: Dmitri Mouratov: «La Russie avait un avenir, beaucoup pensent qu’elle n’en a plus»

Le nouveau journal, Novaïa Gazeta.Europe, «est une publication créée par des journalistes russes libres qui se sont retrouvés en émigration forcée. Il s'agit de leur point de vue indépendant sur les événements de la guerre en Ukraine et les développements en Russie», a indiqué la maison d'édition Rigas Vilni, le 2e plus grand groupe de presse écrite de Lettonie qui est son éditeur. Elle est dirigée par Kirill Martinov, ancien adjoint de Dmitri Muratov, et est sortie en versions russe et lettone.

Comme un symbole

«Lorsque la propagande russe fera du 9 mai (marquant la victoire sur l'Allemagne nazie en 1945, ndlr) sa journée, Novaïa Gazeta sera dans les kiosques comme un symbole du fait qu'ils n'ont pas réussi à nous faire fermer», a déclaré Dmitri Martinov à la radio publique lettone, après un passage en Suisse.

Lire aussi: Le journal «Novaïa Gazeta» suspend sa publication

«J'espère que des exemplaires du journal trouveront leur chemin en Russie, même illégalement», a-t-il ajouté indiquant que la version papier contiendra également les meilleurs articles publiés déjà sur les réseaux sociaux, principalement Telegram.

Les deux versions de la nouvelle édition papier, contiennent chacune 28 pages et sont vendues au détail à 1,29 euro. La nouvelle édition a des «unes» différentes en letton et en russe alors que le contenu est le même. Il comporte notamment un témoignage sur la vie sous l'occupation russe dans la ville de Kherson, ou des reportages réalisées dans la région de Kharkiv et à Boutcha.

Lire aussi: Maria Ressa: «Face à la toxicité des réseaux sociaux, les journalistes sont démunis»