José Luis Rodriguez Zapatero et le dirigeant du Parti nationaliste catalan (CIU, droite), Artur Mas, sont parvenus dans la nuit de samedi à dimanche à un accord global sur le futur statut d'autonomie de la Catalogne qui sera décrite comme «nation» dans son préambule, selon les médias. Le chef du gouvernement socialiste espagnol et le leader catalan ont conclu l'accord lors d'une réunion tenue secrète qui a duré plus de six heures au siège du gouvernement espagnol, le palais de la Moncloa.

Cette réunion a permis de gommer les deux principaux points de divergence qui subsistaient entre le gouvernement et les nationalistes catalans: la définition de la Catalogne, et les prérogatives fiscales de cette région autonome et prospère du nord-est de l'Espagne.

Selon les médias espagnols, le terme «nation», revendiqué par les nationalistes catalans de droite et de gauche, et qui a suscité une tempête politique en Espagne ces derniers mois, figurera dans le préambule du futur statut d'autonomie renforcée de la Catalogne, sans revêtir de valeur juridique. L'article intérieur du statut définissant la Catalogne conservera le concept de «nationalité» inclu dans le statut actuel en vigueur depuis 1979.

Le chef du gouvernement espagnol et le leader de CIU, se sont également accordés sur un renforcement des prérogatives fiscales de la Catalogne.

Projet controversé

Le projet controversé d'autonomie élargie de la Catalogne doit être débattu au cours des prochains mois par le parlement. Il divise déjà fortement l'opinion et le monde politique espagnols, la droite l'accusant d'ouvrir la voie à une «balkanisation» de l'Espagne.

Deux responsables militaires ont été récemment sanctionnés pour avoir exprimé publiquement leur inquiétude vis-à-vis d'une autonomie élargie de la Catalogne, qui jouit déjà d'une très large autonomie.